Edito
Alors que le Mexique est l’invité d’honneur du 29e Salon du Livre (13 - 18 mars 2009), nous vous proposons dans ce numéro une exploration au cœur même de la civilisation des Mayas. L’écriture, quelle qu’elle soit, n’est-elle pas le fondement de toute civilisation ? Les glyphes des Mayas, poétiquement surnommés « lettres de nuit », portent en eux les mystères de ce peuple précolombien disparu voici cinq siècles. Longtemps demeurés énigmatiques, ils sont encore loin d’avoir livré tous leurs secrets. En cours de déchiffrement, l’écriture des Mayas, de par sa nature profonde et divinatoire, incarne en effet à elle seule toute la mythologie maya. Gravée en creux, le plus souvent sur des stèles, cette écriture que l’on dit aussi « glyphique », au sens difficilement saisissable en raison de son caractère mixte, phonétique et logographique, demeure aussi mystérieuse que la civilisation qui l’a inventée.
Il est encore beaucoup question d’écritures dans ce numéro : celle de William Blake, auteur de fulgurants « imprimés enluminés » et qui refusait de séparer poésie et image, celles de La Pérouse et Casanova, deux aventuriers du siècle des Lumières que l’on retrouve à travers de splendides lettres, celle d’un autre baroudeur, plus proche de nous, Ernest Hemingway, que nous avons soumise à une analyse graphologique, enfin celle d’une jeune artiste contemporaine qui fait danser les mots avec les lettres… mais à l’envers ! Le dossier du présent numéro est lui-même consacré aux vraies et fausses écritures, un sujet révélateur des richesses insoupçonnées de l’écriture.
S’il est un lieu qui regorge d’écritures de tous temps et de tous types, ce sont bien les Archives nationales qui célèbrent cette année le bicentenaire de leur installation à l’hôtel de Soubise avec une splendide exposition Mémoire d’avenir.
C’est grâce en partie à la correspondance entre Jules Verne et son éditeur Hetzel que nous apprenons que l’auteur des Voyages extraordinaires avait un nègre du nom d’André Laurie disparu voici précisément cent ans.
Une maison d’écrivain n’est-elle pas un lieu privilégié pour découvrir une écriture et plus généralement des écrits ? Celle d’Edmond Rostand, baptisée Arnaga, somptueuse villa située dans le Pays basque, son « poème de pierre et de verdure », est digne d’une des plus fameuses tirades de Cyrano !
Homme de loi mais aussi homme de lettres, le très médiatique Emmanuel Pierrat témoigne pour sa part de l’intérêt constant que portent nos contemporains aux écrits, qu’ils soient manuscrits ou imprimés.
Force est de constater que nous vivons dans un monde où les écritures sont plus que jamais omniprésentes, que ce soit sur nos écrans d’ordinateur, dans la rue ou plus généralement dans notre environnement quotidien. L’encre et le papier n’ont pas dit leur dernier mot !
Pascal Fulacher
Sommaire
Actualités et brèves
Le Golfe, la crise et l'investissement culturel
Touchez pas aux manuscrits !
Et si demain, je m'initiais à la paléographie...
Drôles d'histoires
Quand la musqiue célèbre la correspondance
Simone de Beauvoir, citoyenne de Montparnasse
L'Aigle et la Plume, retour sur images
L’événement
William Blake, magicien de la gravure
En direct
Emmanuel Pierrat, un amateur éveillé
Patrimoine
Archives nationales, l'Histoire en mémoire
Collections privées
La Pérouse, navigateur au long cours, Casanova, navigateur au coeur
Dossier
Détecter le faux pour savoir le vrai
Maisons d’écrivains
Arnaga : le chef-d'oeuvre d'Edmon Rostand
Écritures
L'écriture maya, une écriture en cours de déchiffrement
L’art de la lettre
DTM ou la calligraphie en miroir
Graphologie
Le mythe Hemingway
Bibliophilies
André Laurie, le nègre de Jules Verne
Manuscrits et Mystères
Gare à 2012 ! Les fins des mondes selon les Mayas
Cinécrit
Objets d'écritures dans le cinéma contemporain
Intrigues et manuscrits
Au fil des pages
Plaisirs d'écrire
Portfolio
Le marché et les enchères
Calendrier des prochaines ventes
Agenda des expositions