L’Institut d’Égypte au Caire, les flammes du printemps arabe

L’Institut d’Égypte au Caire, les flammes du printemps arabe

Le 17 décembre dernier, on apprenait l’incendie de l’Institut d’Égypte du Caire, lors des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Des archives inestimables disparaissaient dans les flammes. Retour sur une catastrophe patrimoniale qui attend de panser ses plaies.

Pour le patrimoine culturel mondial, l’Égypte est décidément un pays pas comme les autres. L’égyptologie, cette passion française, lui donne une place à part dans notre sensibilité patrimoniale. La mémoire écrite de l’humanité est à jamais inconsolable de la perte de manuscrits exceptionnels, porteurs d’anciennes sagesses et savoirs perdus de la bibliothèque d’Alexandrie. La bibliothèque d’Alexandrie, on le sait, a été victime des guerres de César, des fanatismes religieux, notamment islamiques, et des catastrophes naturelles. C’est le revers de la médaille de la richesse égyptienne, une vulnérabilité aux séismes de l’histoire. Les chrétiens n’ont pas été en reste, en martelant l’image des anciens dieux et des pharaons, et en se servant des monuments comme d’un matériau gratuit et sans valeur pour leurs habitats. Bonaparte est arrivé à temps pour sauver ce qui pouvait encore l’être, conscient de la richesse de ce pays pour l’humanité.

Plume N°: 
60
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