Le sourire de Lisa del Giocondo

Le sourire de Lisa del Giocondo
L’écrit en tant que témoignage direct met un terme à des hypothèses variées, invraisemblables ou scandaleuses qui se sont multipliées au fil des siècles. Le tableau réalisé par Léonard de Vinci, entre 1503 et 1506, exposé au musée du Louvre à Paris, est certainement un des plus célèbres au monde. Léonard de Vinci ne fait aucune mention de son modèle dans ses notices et dessins, et ce silence assez étrange a enflammé les imaginations. L’Italien Giorgio Vasari (1511-1574), peintre et auteur des célèbres Vies…, était jusqu’alors la seule source à avoir donné un nom, celui de Lisa del Giocondo à la Joconde dans un livre paru en 1550.
Mais pour certains, bien sûr, ce n’était pas suffisant, c’était trop simple et il n’y avait aucun recoupement avec une autre source. Il y avait forcément une vérité cachée.

L’identité de la Joconde a suscité, au fil des siècles, de nombreux débats. Certains ont affirmé qu’il s’agissait du portrait de la mère du peintre ou encore de Catherine Sforza, princesse de Forli. On a même pu lire ici et là qu’en réalité, il s’agissait d’un portrait d’homme, voire de l’autoportrait de son créateur. Léonard aurait peint un petit ami sous les traits d’une femme pour éviter la censure ou se serait peint en femme dans un autoportrait travesti.

Les écrits confirment que le portrait de la Joconde est celui de Lisa del Giocondo, l’épouse d’un marchand florentin, Francesco del Giocondo. Ce sont des notes écrites en octobre 1503 par un fonctionnaire florentin, Agostino Vespucci, dans les marges d’un incunable conservé à la bibliothèque de l’Université de Heidelberg qui permettent de confirmer l’identité de Mona Lisa, selon un communiqué de la bibliothèque universitaire. Ces notes découvertes par un expert, le Dr Armin Schlechter, « permettent de dater exactement le tableau » du maître italien de la Renaissance Léonard de Vinci et « confirment définitivement » une thèse allant dans le même sens, celle de Vasari. Léonard de Vinci commence le portrait à Florence en 1502, et d’après Giorgio Vasari, l’achève au bout de quatre années. La Joconde ne quitte jamais Léonard de son vivant. Il l’emporte probablement à Amboise où François Ier le fait venir. Ce dernier en fait l’acquisition - à Léonard lui-même ou à ses héritiers après sa mort - et l’installe à Fontainebleau. Le portrait quitte le château pour le Louvre alors résidence royale, et est ensuite accroché au château de Versailles. Louis XIV en fait l’un des tableaux les plus en vue à Versailles. Il regagne le Louvre devenu musée en 1798, mais est à nouveau déplacé sur ordre du premier consul Bonaparte qui le fait accrocher au palais des Tuileries en 1800 dans les appartements de Joséphine, puis le rend au Louvre en 1804.
On connaît donc définitivement le nom à mettre sur le visage le plus célèbre du monde. Mais que les amateurs de mystères se rassurent, il leur reste le regard et le sourire. Le secret du nom n’est rien par rapport aux secrets des expressions et du message que Léonard a voulu nous faire passer par l’intermédiaire de son modèle Lisa del Giocondo. Le « code Mona Lisa » ne sera lui sans doute jamais décrypté...

Patrice Zehr