Le Codex d’Alep, patrimoine n°1 du peuple juif

Le Codex d’Alep, patrimoine n°1 du peuple juif
Connaissez-vous le Codex d’Alep ? C’est le plus ancien manuscrit d’une Bible hébraïque calligraphiée. La source incontestée de la massore - cette exégèse du texte effectuée par les docteurs juifs. Le livre, qui servit à la rédaction des règles des rouleaux sacrés de la Torah, est aujourd’hui précieusement déposé et conservé par l’Israël Museum à Jérusalem.
Un fragment de page de ce précieux document, de la taille d’une carte de crédit, a fait son entrée en grande pompe à l’institut Ben Zvi de Jérusalem en décembre dernier. Sam Sabbagh, un Syrien exilé à Brooklyn aux États-Unis, l’avait conservé pendant soixante ans. Mort il y a trois ans, sa famille a enfin décidé d’en faire don à l’État d’Israël. Ce bout de parchemin est le témoin d’une histoire mouvementée qui continue de « s’écrire »…

Rédigé en Palestine, autour de 930, le livre est ensuite localisé à Jérusalem, puis en Égypte lors de la première croisade, puis dans la communauté juive d’Alep en Syrie au XIVe siècle, jusqu’à ce 2 décembre 1947, date à laquelle des émeutes anti-juives nées de la décision de l’ONU de créer l’État d’Israël provoquent des actes de violence à la synagogue d’Alep. L’édifice brûle en partie. Le livre sacré est jeté par terre et déchiré. C’est à ce moment que sans doute Sam Sabbagh récupère son morceau à même le sol. On crut l’ouvrage définitivement perdu, or pendant des mois il est caché par les membres de la communauté juive de Syrie avant leur dispersion, principalement aux États-Unis et en Amérique du Sud. D’ailleurs en 1948, une partie du livre réapparaît pour être donné au premier président d’Israël, Izhak Ben Zvi.
Manquent à ce jour 40 % du livre. Sur 487 pages du codex à l’origine, il n’en reste que 294. Existent-elles encore ? N’ont-elles pas été définitivement détruites ? Personne ne le sait, tout le monde espère voir un jour l’ouvrage au complet. « Il s’agit du patrimoine numéro 1 du peuple juif et je crois qu’il serait très important au peuple juif de rentrer en sa possession », précise Zvi Zameret, directeur de l’institut Ben Zvi de Jérusalem où le manuscrit est étudié.
Profitant de la commémoration du 60e anniversaire des émeutes d’Alep et de la certitude que les pages manquantes n’ont pas été brûlées, le directeur de l’institut a lancé une nouvelle campagne pour que les Juifs du monde se mobilisent à Alep ou ailleurs afin de les récupérer. Plusieurs investigations sont en cours en Syrie et ailleurs.

Christophe Dorny

Les pages numérisées des parties sauvegardées du manuscrit peuvent être consultées sur : www.aleppocodex.org