Le Grevisse assure
La 14e édition du Bon Usage, familièrement nommé « Grevisse » est disponible depuis quelques mois sur les étales des libraires. Rencontre avec son auteur : continuité, adaptation et passion sont les maîtres mots.
Créé en 1936 par le grammairien belge, Maurice Grevisse, Le Bon Usage est, depuis plus de soixante-dix ans, LA grammaire de référence. Il fournit une description du français la plus complète possible, pour une expression juste. Grevisse l’a régulièrement actualisé jusqu’à sa mort en 1980. Puis c’est André Goosse qui reprend l’oeuvre de son beau-père en 1986. Il est l’auteur de cette dernière mouture : « À partir de 1993 [année de la parution de l’édition précédente], j’ai commencé à prendre des notes et à rédiger des articles préparatoires. L’obtention des renseignements est une occupation constante quelles que soient les circonstances, lorsque je lis des livres ou la presse, lorsque j’entends une conversation, que je visite un lieu ou autre. Elle est alimentée par des questions qui me sont posées par des correspondants. Les priorités de cette édition ont été aussi la transformation formelle et la refonte de l’ouvrage pour être utilisé par l’ordinateur », précise André Goosse.
Pour la première fois, une édition électronique sur www.lebonusage.com est disponible gratuitement pour les acquéreurs de la version imprimée. Servis par une mise en page plus lisible, les règles et les usages sont enrichis de nouveaux exemples, du patrimoine littéraire à la pratique orale, de particularismes régio- naux, de mots et sens nouveaux, de citations d’auteurs contemporains. Amélie Notomb, Michel Houellebecq ou François Weyergans côtoient désormais les classiques.
Ces changements concourent à une meilleure appropriation de la langue, mais la doctrine, sur laquelle est basée l’ouvrage depuis sa création, demeure : « Le Bon Usage est fondé sur l’observation. Rien n’est inventé et tout est vu sans véritable parti pris. Je tache le plus possible d’être objectif. Chaque point est étudié en détail en montrant les choses comme elles sont avec la preuve de l’affirmation sur la fréquence ou la non fréquence de caractères vulgaires ou populaires. Cet ouvrage n’est pas réactionnaire, peut-être un peu trop révolutionnaire, aux dires de certains grammairiens ».
Le Bon Usage n’est donc pas un ouvrage dogmatique destiné à imposer ses codes. Contrairement à son titre qui laisserait penser qu’il n’y a qu’un bon usage, il invite à considérer l’évolution de la langue française et l’étendue des possibilités qu’elle offre. André Goosse emploie d’ailleurs rarement le terme de « faute » et préfère parler de niveaux de langue : « En décrivant les niveaux de langue, ça ne veut pas dire que je les recommande tous, d’ailleurs même, le niveau supérieur c’est de savoir s’adapter aux circonstances. » Bref, un ouvrage et un auteur modernes !
Cécile Enjelvin
Créé en 1936 par le grammairien belge, Maurice Grevisse, Le Bon Usage est, depuis plus de soixante-dix ans, LA grammaire de référence. Il fournit une description du français la plus complète possible, pour une expression juste. Grevisse l’a régulièrement actualisé jusqu’à sa mort en 1980. Puis c’est André Goosse qui reprend l’oeuvre de son beau-père en 1986. Il est l’auteur de cette dernière mouture : « À partir de 1993 [année de la parution de l’édition précédente], j’ai commencé à prendre des notes et à rédiger des articles préparatoires. L’obtention des renseignements est une occupation constante quelles que soient les circonstances, lorsque je lis des livres ou la presse, lorsque j’entends une conversation, que je visite un lieu ou autre. Elle est alimentée par des questions qui me sont posées par des correspondants. Les priorités de cette édition ont été aussi la transformation formelle et la refonte de l’ouvrage pour être utilisé par l’ordinateur », précise André Goosse.
Pour la première fois, une édition électronique sur www.lebonusage.com est disponible gratuitement pour les acquéreurs de la version imprimée. Servis par une mise en page plus lisible, les règles et les usages sont enrichis de nouveaux exemples, du patrimoine littéraire à la pratique orale, de particularismes régio- naux, de mots et sens nouveaux, de citations d’auteurs contemporains. Amélie Notomb, Michel Houellebecq ou François Weyergans côtoient désormais les classiques.
Ces changements concourent à une meilleure appropriation de la langue, mais la doctrine, sur laquelle est basée l’ouvrage depuis sa création, demeure : « Le Bon Usage est fondé sur l’observation. Rien n’est inventé et tout est vu sans véritable parti pris. Je tache le plus possible d’être objectif. Chaque point est étudié en détail en montrant les choses comme elles sont avec la preuve de l’affirmation sur la fréquence ou la non fréquence de caractères vulgaires ou populaires. Cet ouvrage n’est pas réactionnaire, peut-être un peu trop révolutionnaire, aux dires de certains grammairiens ».
Le Bon Usage n’est donc pas un ouvrage dogmatique destiné à imposer ses codes. Contrairement à son titre qui laisserait penser qu’il n’y a qu’un bon usage, il invite à considérer l’évolution de la langue française et l’étendue des possibilités qu’elle offre. André Goosse emploie d’ailleurs rarement le terme de « faute » et préfère parler de niveaux de langue : « En décrivant les niveaux de langue, ça ne veut pas dire que je les recommande tous, d’ailleurs même, le niveau supérieur c’est de savoir s’adapter aux circonstances. » Bref, un ouvrage et un auteur modernes !
Cécile Enjelvin