En suspens depuis 45 ans
Même si cela ne va pas sans frictions – le récent voyage de Nicolas Sarkozy en Algérie en témoigne -, les relations entre la France et son ancienne colonie se normalisent petit à petit. Le débat sur le colonialisme, la repentance et les excuses d’État font partie de l’actualité de ce rapprochement par le dialogue qui doit être franc et ouvert. Un pan des relations franco-algériennes est néanmoins loin d’être réglé : celui des archives. Avant la visite de Nicolas Sarkozy en décembre dernier, plusieurs articles dans la presse algérienne se sont faits l’écho d’une demande insistante de la part de l’État algérien : la restitution des archives de la période coloniale.
Or les positions entre les parties sont loin de se confondre. Alger, par l’intermédiaire du directeur général du Centre national des Archives, M. Abdelmadjid Chikhi, demande la restitution complète des archives concernant l’Algérie jusqu’en 1962, date de l’indépendance. Paris fait la distinction entre celles avant 1830 qui ont été retournées à l’Algérie entre 1967 et 2001 et celles après 1830 qui appartiennent à l’État français. Appartenant à l’État français, elles sont donc soumises aux lois françaises pour leur consultation.
Si des gestes de bonne volonté ont bien été faits par la France, les restitutions épisodiques sont jugées « insuffisantes ». Un accord historique sur les archives audiovisuelles vient pourtant d’être conclu avec l’Institut national de l’audiovisuel en France. Tout le monde en convient, les archives sont un des aspects essentiels de la mémoire. Il serait judicieux dans ce cas précis d’inventer un mode de consultation entre les deux parties qui puisse garantir la liberté de s’approprier de part et d’autre cette période d’histoire commune.
Christophe Dorny
Or les positions entre les parties sont loin de se confondre. Alger, par l’intermédiaire du directeur général du Centre national des Archives, M. Abdelmadjid Chikhi, demande la restitution complète des archives concernant l’Algérie jusqu’en 1962, date de l’indépendance. Paris fait la distinction entre celles avant 1830 qui ont été retournées à l’Algérie entre 1967 et 2001 et celles après 1830 qui appartiennent à l’État français. Appartenant à l’État français, elles sont donc soumises aux lois françaises pour leur consultation.
Si des gestes de bonne volonté ont bien été faits par la France, les restitutions épisodiques sont jugées « insuffisantes ». Un accord historique sur les archives audiovisuelles vient pourtant d’être conclu avec l’Institut national de l’audiovisuel en France. Tout le monde en convient, les archives sont un des aspects essentiels de la mémoire. Il serait judicieux dans ce cas précis d’inventer un mode de consultation entre les deux parties qui puisse garantir la liberté de s’approprier de part et d’autre cette période d’histoire commune.
Christophe Dorny