VGE archivé

VGE archivé

Le septennat de Valéry Giscard d’Estaing a été marqué dans de nombreux domaines par un vent de modernité et particulièrement dans la conception des archives de la République. Quel n’avait pas été l’étonnement du nouveau président lorsqu’il s’aperçut, à son arrivée à l’Élysée en 1974, que les archives de la présidence avaient été emportées, qu’« il n’y avait aucune indication sur la manière dont le pouvoir se transmettait », bref « Il n’y avait rien » (1). Par peur d’être attaqués plus tard, les divers collaborateurs ne voulaient pas donner ces traces et finalement les privatisaient. On en retrouvait certaines chez les marchands d’autographes…
Or VGE a rapidement souhaité que sa présidence « soit la mieux documentée de toutes celles qui ont eu lieu ». Ce rêve est devenu réalité. La grande loi sur les archives de la République date de 1979. Furent définis une structure d’archives et un protocole de remises : collecte, délais de consultation. Aujourd’hui, les archives VGE c’est plus de 500 mètres linéaires, 4 500 caisses de manuscrits autographes ou d’épreuves tapuscrites et annotées, dont le classement est aujourd’hui terminé. Un répertoire détaillé de 706 pages vient d’être publié, le tout reposant à l’hôtel de Soubise à Paris. Cet archivage au sommet de l’État, qui a continué avec François Mitterrand, est une étape fondamentale dans la transparence de l’appareil d’État, un indice de démocratie comme l’a souligné l’archiviste Perrine Canavaggio qui, la première, fut appelée à collecter les documents de la présidence de la République en 1974.

Christophe Dorny

(1) Propos rapportés lors de la conférence de presse présentant les archives du septennat de l’ancien président le 30 novembre 2007 au ministère de la Culture.