Les États achètent les archives des écrivains vivants

Les États achètent les archives des écrivains vivants

« La Grande-Bretagne a sauvegardé un patrimoine pour la nation ». C’est en ces termes que la presse britannique a commenté l’acquisition par la British Library de certaines archives de Harold Pinter, écrivain, dramaturge et metteur en scène britannique de 77 ans et prix Nobel de littérature en 2005.

Lettres, scripts, photographies, emails ainsi que des mémoires de jeunesse jamais publiées vont rejoindre le fonds de la British Library pour une somme de 2 millions 240 000 dollars... Ce montant conséquent fait débat mais reflète surtout la peur de voir ces archives partir outre-Atlantique…, aux États-Unis par exemple. Depuis plusieurs mois s’élève un vent de protectionnisme culturel chez nos voisins. La Bibliothèque nationale d’Autriche, quant à elle, a déboursé 500 000 euros pour acheter, directement auprès de l’écrivain autrichien Peter Handke, des manuscrits et notes de travail. Une manière de faire rentrer dans son pays natal celui qui, né en 1941 à Griffen vit en France à Chaville depuis 1991, a déclaré la directrice de la Bibliothèque nationale.

En France, on retiendra que la municipalité de Limoges a acquis auprès de l'écrivain haïtien René Depestre né en 1926 un riche fonds littéraire et documentaire pour 49 705 euros financés par la mairie, la Région Limousin, l'État et la Bibliothèque nationale de France. René Depestre a cédé entre autres des manuscrits, un journal rédigé pendant sa résidence à Cuba (1964-1970), une correspondance et une lettre inédite écrite en français à Fidel Castro.

Christophe Dorny