Pie XII, la vérité par les archives
La décision récente du pape Benoît XVI d’ouvrir la voie à la béatification de Pie XII a soulevé l’émotion de plusieurs communautés juives dans le monde, qui reprochent au souverain pontife un silence vis-à-vis du sort des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Au terme de la projection d’un film sur Pie XII et la persécution des juifs à Rome dans les années 1940, Sotto il cielo di Roma (Sous le ciel de Rome), Benoît XVI a défini son prédécesseur comme « un père pour tous, particulièrement pendant la période difficile de la Seconde Guerre mondiale ». Dans la soirée du 9 avril 2010, à Castel Gandolfo, il a salué la façon dont Pie XII avait su « parler aux hommes de son temps » et « orienter l’Église vers l’horizon du troisième millénaire ». Benoit XVI fonde son jugement sur des documents connus et internationaux selon lesquels l’absence d’indignation et de condamnation publiques de Pie XII face au sort des juifs aurait été une manière de ne pas mettre en péril ceux que l’Église protégeait dans ses monastères. Il n’a jamais fait mystère de sa volonté de voir aboutir la béatification de Pie XII, témoin de la montée du nazisme comme nonce apostolique à Munich et Berlin de 1917 à 1929, puis secrétaire d’État de
Pie XI, et surtout comme pape de 1939 à 1958. Ce processus initié avec prudence dès 1967 a toujours été une pomme de discorde entre la communauté juive et Israël, d’une part, et l’Église catholique, d’autre part. Cette décision relance la polémique. Sans remettre en cause le processus de béatification, le porte-parole israélien du ministère des Affaires étrangères a demandé « l’ouverture des Archives du Vatican durant la Seconde Guerre mondiale, car c’est aux historiens d’évaluer le rôle de Pie XII ».
La polémique risque cependant de durer, puisque le préfet des Archives du Vatican, Mgr Sergio Pagano, qui a ouvert les travaux, sur le thème « Les Archives secrètes du Vatican : un trésor pour l’histoire », estime qu’il faudra encore cinq ans pour achever de classifier les millions de documents sur Pie XII et permettre ainsi leur consultation sans aucune censure. Le 16 février 2003, par la volonté de Jean-Paul II, les documents concernant les rapports entre le Saint-Siège et l’Allemagne pour la période de 1922 à 1939, ont été rendus disponibles aux chercheurs, de même qu’en 2006, la documentation du pontificat de Pie XI. Pour Pie XII, encore un peu de
patience.
Les Archives secrètes du Vatican, fondées en 1610 par le pape Paul V, rassemblent les archives centrales du Saint-Siège et les archives privées des papes. Elles comprennent une salle d’études et une salle des index (ouvertes aux chercheurs), ainsi que des laboratoires (conservation et restauration des sceaux ; conservation, restauration et reliure ; photographie et reproduction numérique), des services informatiques, et une école de paléographie. Les archives ont été ouvertes aux experts par Léon XIII, en 1881.
Patrice Zehr
Pie XI, et surtout comme pape de 1939 à 1958. Ce processus initié avec prudence dès 1967 a toujours été une pomme de discorde entre la communauté juive et Israël, d’une part, et l’Église catholique, d’autre part. Cette décision relance la polémique. Sans remettre en cause le processus de béatification, le porte-parole israélien du ministère des Affaires étrangères a demandé « l’ouverture des Archives du Vatican durant la Seconde Guerre mondiale, car c’est aux historiens d’évaluer le rôle de Pie XII ».
La polémique risque cependant de durer, puisque le préfet des Archives du Vatican, Mgr Sergio Pagano, qui a ouvert les travaux, sur le thème « Les Archives secrètes du Vatican : un trésor pour l’histoire », estime qu’il faudra encore cinq ans pour achever de classifier les millions de documents sur Pie XII et permettre ainsi leur consultation sans aucune censure. Le 16 février 2003, par la volonté de Jean-Paul II, les documents concernant les rapports entre le Saint-Siège et l’Allemagne pour la période de 1922 à 1939, ont été rendus disponibles aux chercheurs, de même qu’en 2006, la documentation du pontificat de Pie XI. Pour Pie XII, encore un peu de
patience.
Les Archives secrètes du Vatican, fondées en 1610 par le pape Paul V, rassemblent les archives centrales du Saint-Siège et les archives privées des papes. Elles comprennent une salle d’études et une salle des index (ouvertes aux chercheurs), ainsi que des laboratoires (conservation et restauration des sceaux ; conservation, restauration et reliure ; photographie et reproduction numérique), des services informatiques, et une école de paléographie. Les archives ont été ouvertes aux experts par Léon XIII, en 1881.
Patrice Zehr