Le théâtre de la correspondance se joue à Grignan
Ce festival littéraire autour d’épistoliers et d’écrivains, valorisant un genre d’écriture souvent méconnu, est un événement sans pareil. Rencontre avec Bruno Durieux, maire du village, qui a institué cette manifestation…
Plume : Comment avez-vous eu l’idée de créer ce festival insolite ?
Bruno Durieux : J’ai eu cette idée en réfléchissant à la manière de célébrer le centenaire de la mort de la marquise de Sévigné, en 1996. Moi, j’étais un jeune maire de Grignan, par ma récente élection en 1995, et je voulais absolument fêter cet anniversaire, car pour notre village c’était un événement fondamental. J’ai lancé pleins d’idées : un concours international d’architecture, des courses de chaises à porteurs avec les villages d’à côté, un festival de la correspondance, des décorations dans Grignan… J’ai écrit à la terre entière, car on avait des idées mais pas d’argent pour célébrer le tricentenaire de la mort de la marquise de Sévigné, cette épistolière notoire qui a terminé ses jours près de sa fille à Grignan. Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Culture de l’époque, nous a tout de suite soutenu, et je tiens à lui rendre hommage. Il est d’ailleurs venu ouvrir le premier festival de la correspondance en 1996. Notre chance a été que la première lecture du premier festival soit faite par Lambert Wilson. Et notre chance a aussi été que ce jour-là il y a eu un orage terrible, les micros sont tombés en panne et Lambert Wilson a fait ses lectures sans micro et cela a été un moment magique et incroyable.
Quel est le fonctionnement de cet événement ?
J’ai d’abord créé une association, que je préside toujours. Le fonctionnement est professionnel pour tout ce qui est adaptation des textes, recherche des idées, lecture par des comédiens (on a eu d’excellents acteurs comme Michel Galabru, Catherine Jacob, Isabelle Carré, Pierre Richard, Elsa Zylberstein…). Pour l’organisation en elle-même, on a un engagement du village qui est formidable. Il y a 70 personnes qui travaillent bénévolement à la réussite de ce festival (accueil des comédiens, du public…). C’est ce qui engendre ce climat chaleureux. Pour la programmation, on a un mélange entre des lectures théâtralisées et des lectures simples qui plaisent beaucoup, ainsi que des rencontres avec des auteurs. Au programme cette année : lectures-spectacles de Sade, fuite en Italie, Une nuit avec Casanova, Musset l’orphelin de Venise, À Mona Lisa, Pier Paolo Pasolini, etc. Des rencontres littéraires autour de Rimbaud, Chateaubriand et l’Italie, Giacomo Leopardi… Ce festival est sur la correspondance du monde entier et de toutes les époques.
Quel est le thème de cette année et comment l’avez-vous choisi ?
Le thème de cette année est une innovation : « Voyages en Italie ». Dans le passé, on avait des thèmes comme correspondance et musique, la correspondance des peintres ou des femmes… Prendre un pays, permet d’évoquer les écrivains mais aussi les voyageurs, les cinéastes, les artistes, les hommes politiques, les philosophes… Frédéric Mitterrand, directeur de la Villa Médicis, nous fera l’amitié d’ouvrir le festival.
Quels sont les grands noms attendus cette année ?
Il n’y a que des grands noms, certains sont plus connus que d’autres, c’est tout ! Les comédiens aiment bien venir à Grignan. On attend Bernard Giraudeau, Carole Bouquet, Claire Chazal, Fanny Cottençon, Arthur Jugnot, Didier Long, Hans Peter Cloos, Romane Bohringer et bien d’autres.
Quels sont vos liens avec les éditions TriArtis ?
C’est une très heureuse collaboration. Je rêvais que l’on puisse éditer les spectacles donnés à Grignan. On procède ainsi : un texte original est écrit pour un spectacle donné à Grignan, on écrit une adaptation de cette pièce et on l’édite. Cette réécriture permet d’extraire de la pièce les passages les plus intéressants pour le lecteur.
Combien y a-t-il de visiteurs ?
On ne peut totaliser que les entrées payantes aux spectacles, environ 8 000. Mais il y a aussi les rencontres avec les écrivains où l’entrée est libre, tout comme les concerts de rue, les ateliers d’écritures, le marché de l’écrit… on pense qu’environ 15 000 personnes passent au festival.
Durant le festival on peut aller dans une chambre d’écriture… qu’est-ce que c’est ?
Les chambres d’écriture, c’est probablement l’idée la plus originale. C’est presque 5 000 lettres, écrites en 5 jours qui sont envoyées depuis Grignan avec le timbre spécial créé pour le festival. Ces 50 lieux aménagés en cabinet d’écriture, c’est du papier, des stylos et des enveloppes mis à la disposition du public dans les rues, les jardins, les champs, les villages environnants… dans des lieux insolites aussi. Cela invite les festivaliers à un jeu de piste épistolaire. C’est un grand succès de mail art !
Propos recueillis par Christel Pigeon
Plume : Comment avez-vous eu l’idée de créer ce festival insolite ?
Bruno Durieux : J’ai eu cette idée en réfléchissant à la manière de célébrer le centenaire de la mort de la marquise de Sévigné, en 1996. Moi, j’étais un jeune maire de Grignan, par ma récente élection en 1995, et je voulais absolument fêter cet anniversaire, car pour notre village c’était un événement fondamental. J’ai lancé pleins d’idées : un concours international d’architecture, des courses de chaises à porteurs avec les villages d’à côté, un festival de la correspondance, des décorations dans Grignan… J’ai écrit à la terre entière, car on avait des idées mais pas d’argent pour célébrer le tricentenaire de la mort de la marquise de Sévigné, cette épistolière notoire qui a terminé ses jours près de sa fille à Grignan. Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Culture de l’époque, nous a tout de suite soutenu, et je tiens à lui rendre hommage. Il est d’ailleurs venu ouvrir le premier festival de la correspondance en 1996. Notre chance a été que la première lecture du premier festival soit faite par Lambert Wilson. Et notre chance a aussi été que ce jour-là il y a eu un orage terrible, les micros sont tombés en panne et Lambert Wilson a fait ses lectures sans micro et cela a été un moment magique et incroyable.
Quel est le fonctionnement de cet événement ?
J’ai d’abord créé une association, que je préside toujours. Le fonctionnement est professionnel pour tout ce qui est adaptation des textes, recherche des idées, lecture par des comédiens (on a eu d’excellents acteurs comme Michel Galabru, Catherine Jacob, Isabelle Carré, Pierre Richard, Elsa Zylberstein…). Pour l’organisation en elle-même, on a un engagement du village qui est formidable. Il y a 70 personnes qui travaillent bénévolement à la réussite de ce festival (accueil des comédiens, du public…). C’est ce qui engendre ce climat chaleureux. Pour la programmation, on a un mélange entre des lectures théâtralisées et des lectures simples qui plaisent beaucoup, ainsi que des rencontres avec des auteurs. Au programme cette année : lectures-spectacles de Sade, fuite en Italie, Une nuit avec Casanova, Musset l’orphelin de Venise, À Mona Lisa, Pier Paolo Pasolini, etc. Des rencontres littéraires autour de Rimbaud, Chateaubriand et l’Italie, Giacomo Leopardi… Ce festival est sur la correspondance du monde entier et de toutes les époques.
Quel est le thème de cette année et comment l’avez-vous choisi ?
Le thème de cette année est une innovation : « Voyages en Italie ». Dans le passé, on avait des thèmes comme correspondance et musique, la correspondance des peintres ou des femmes… Prendre un pays, permet d’évoquer les écrivains mais aussi les voyageurs, les cinéastes, les artistes, les hommes politiques, les philosophes… Frédéric Mitterrand, directeur de la Villa Médicis, nous fera l’amitié d’ouvrir le festival.
Quels sont les grands noms attendus cette année ?
Il n’y a que des grands noms, certains sont plus connus que d’autres, c’est tout ! Les comédiens aiment bien venir à Grignan. On attend Bernard Giraudeau, Carole Bouquet, Claire Chazal, Fanny Cottençon, Arthur Jugnot, Didier Long, Hans Peter Cloos, Romane Bohringer et bien d’autres.
Quels sont vos liens avec les éditions TriArtis ?
C’est une très heureuse collaboration. Je rêvais que l’on puisse éditer les spectacles donnés à Grignan. On procède ainsi : un texte original est écrit pour un spectacle donné à Grignan, on écrit une adaptation de cette pièce et on l’édite. Cette réécriture permet d’extraire de la pièce les passages les plus intéressants pour le lecteur.
Combien y a-t-il de visiteurs ?
On ne peut totaliser que les entrées payantes aux spectacles, environ 8 000. Mais il y a aussi les rencontres avec les écrivains où l’entrée est libre, tout comme les concerts de rue, les ateliers d’écritures, le marché de l’écrit… on pense qu’environ 15 000 personnes passent au festival.
Durant le festival on peut aller dans une chambre d’écriture… qu’est-ce que c’est ?
Les chambres d’écriture, c’est probablement l’idée la plus originale. C’est presque 5 000 lettres, écrites en 5 jours qui sont envoyées depuis Grignan avec le timbre spécial créé pour le festival. Ces 50 lieux aménagés en cabinet d’écriture, c’est du papier, des stylos et des enveloppes mis à la disposition du public dans les rues, les jardins, les champs, les villages environnants… dans des lieux insolites aussi. Cela invite les festivaliers à un jeu de piste épistolaire. C’est un grand succès de mail art !
Propos recueillis par Christel Pigeon