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Plume N° 71

Les fondamentaux d'Aristophil

La presse s’en est fait largement l’écho : la société Aristophil qui propose depuis de nombreuses années des investissements dans des collections de lettres et manuscrits de grande valeur fait l’objet d’une enquête diligentée par le Parquet de Paris. Plus embêtant : dans le cadre de cette enquête, les comptes de la société ont été gelés, plaçant de facto Aristophil en difficulté. Cela, faut-il le rappeler, avant même la nomination d’un juge d’instruction et avant même - a fortiori - quelque jugement que ce soit sur le fond du dossier. Cette « justice » expéditive a de quoi surprendre ! La France, qui passe son temps à donner des leçons de morale à la planète, et en particulier aux pays dont les juges sont instrumentalisés par le pouvoir, semble dans cette affaire ne pas valoir beaucoup mieux.

Sans préjuger de l’issue de l’enquête en cours, force est donc de constater l’impensable dans une démocratie normalement constituée : la sanction est tombée avant le verdict !
Le moins que l’on puisse dire est que ceux qui ont choisi cette voie expéditive ont pris de lourdes responsabilités. La première d’entre elles est celle concernant les quelques 18 000 clients qui ont investi une partie de leur épargne en lettres et manuscrits, dont la liquidité est du coup beaucoup moins assurée. Pour comprendre les enjeux de cette affaire, il nous a paru nécessaire de rappeler ici les fondamentaux d’Aristophil.
L’histoire d’une passion Aristophil, c’est l’histoire d’une passion. Celle de son fondateur, Gérard Lhéritier, qui découvre presque par hasard les lettres de Parisiens assiégés par la Prusse en 1870 et qui communiquent avec l’extérieur « par ballon monté » ou encore « par Boules de Moulins ». Anecdotiques en apparence, ces correspondances prennent une tournure tout à fait différente lorsqu’elles émanent de grands noms de notre Histoire, littéraire, politique ou artistique, tels Victor Hugo, Théophile Gauthier, Manet, Sarah Bernhard, ou Georges Bizet. Une passion de collectionneur est née, ainsi que l’intuition tenace que ce marché alors en sommeil est prometteur.
Le marché de l’art, en effet, commence tout juste à cette époque à porter un regard tout à fait  différent sur ces lettres et manuscrits considérés jusque-là comme des morceaux de papier sans grand intérêt. Tout comme dans le domaine des arts graphiques, les dessins préparatoires aux grands tableaux passent du statut de simples brouillons à celui d’oeuvres originales, les manuscrits autographes acquièrent enfin la reconnaissance qui leur est logiquement due : ils sont la première manifestation du génie des grands hommes qui les ont écrits. Leur caractère forcément unique fait le reste, et la cote commence à monter. Le marché de l’art est coutumier de ces revirements de  tendance. Le talent de Gérard Lhéritier est d’avoir su anticiper celui-là, comme c’est le cas par définition de n’importe quel acteur qui réussit sur n’importe quel marché.


Un investissement original


Mais cette capacité d’anticipation va se doubler chez lui d’une initiative originale. Il décide d’étudier ce marché qui progresse pour faire évoluer lettres et manuscrits vers une possible formule  d’investissement alternatif et proposer à des milliers de particuliers en France de partager l’aventure. Une aventure culturelle qui peut s’avérer intéressante, puisqu’il propose une convention de garde et de conservation pour des périodes de 5 à 10 ans, avec la possibilité pour chaque investisseur de signer une promesse de vente vers Aristophil d’environ 8 % par an. Une promesse de vente que la société peut refuser, ou accepter en actionnant sa levée d’option d’achat.
Rien de délirant sur un marché de l’art dont la progression affiche souvent une croissance à deux chiffres. Le président fondateur d’Artprice, Thierry Ehrmann, estimait dernièrement que le marché de l’art offre une rentabilité annuelle de 12 à 15 % sur les belles pièces. Des perspectives particulièrement intéressantes en période d’incertitudes économiques. La solution retenue pour permettre à un grand nombre d’investisseurs d’accéder à la crème du marché, normalement hors de portée de leur bourse, est celle de l’indivision. Il s’agit, en somme, d’une forme de copropriété. Juridiquement, le mécanisme qui remonte au code civil napoléonien est un grand classique du droit privé. Il représente de ce fait une garantie pour les acheteurs : celle d’être - par acte notarié – propriétaires directement et de plein droit, chacun au prorata de son investissement, des pièces qui constituent la collection à laquelle ils ont souscrit. Rien à voir, donc, avec les escroqueries de type Madoff ou Ponzi auxquels certains journalistes et bien-pensants assimilent ces temps-ci (par facilité ou sensationnalisme ?) le modèle Aristophil. Car - faut-il le rappeler ? - ce qui caractérise ces escroqueries, c’est précisément l’absence totale d’actifs correspondant aux investissements vendus aux clients. Avec Aristophil rien de tel, les pièces de collection sont identifiées, conservées dans un musée et de nombreuses chambres fortes, et leurs propriétaires légaux enregistrés. En outre, grâce à ce droit de propriété directe qu’ils ont sur les oeuvres, les investisseurs bénéficient ipso facto de la fiscalité avantageuse réservée aux oeuvres d’art (exonération de l’ISF et taxe forfaitaire sur la plusvalue).
Que ce système ait pu soulever autant de suspicions est d’autant plus surprenant qu’Aristophil n’est pas le seul à avoir appliqué l’indivision au domaine de l’art, la BNP ayant par le passé bâti un fonds (BNP Art) sur ce modèle. Cela étant, l’indivision n’est pas le seul schéma proposé par la société. Les investisseurs ont la possibilité d’acquérir des collections en propre (les conventions Amadeus),  auxquelles Aristophil applique les mêmes conditions de garde, de conservation et de valorisation. C’est le type d’investissement que proposent d’autres acteurs, qui composent pour leurs clients des collections de manuscrits autographes et de photographies d’art. Des actifs que le marché estime donc particulièrement prometteurs.

 

Un groupe international


À travers ce système original, c’est aussi un intérêt bien compris qui guide le fondateur d’Aristophil : il bâtit ainsi en 25 ans un groupe international au capital de 30 millions d’euros pour un chiffre d’affaires annuel de 170 millions d’euros, implanté en France, en Belgique, en Suisse, en Autriche et à Hong Kong. Il gère deux Musées des Lettres et Manuscrits (Paris et Bruxelles) et édite un magazine spécialisé (Plume). Plus amusant, Gérard Lhéritier réalise aussi à travers sa société le fantasme absolu de tout collectionneur passionné : il démultiplie grâce à ces reventes en indivision ses possibilités d’achat, pouvant ainsi prétendre à des pièces tout à fait exceptionnelles tels le testament politique de Louis XVI, écrit juste avant son départ de Paris et son arrestation à Varennes, le mythique rouleau des 120 Journées de Sodome écrit par Sade pendant sa détention à la Bastille, ou encore tout dernièrement le contrat de mariage de Napoléon Bonaparte. Au total, ce sont pas moins de 135 000 manuscrits qui viennent au fil du temps constituer les fabuleuses collections du Musée des Lettres et Manuscrits, qui assure la conservation et la valorisation des pièces que lui confient les investisseurs. Le tout pour une valeur assurée à près de 700 millions d’euros si l’on en croit l’assurance souscrite auprès de la compagnie Lloyd’s de Londres. Ces actifs, achetés sur un marché qui n’a cessé depuis de monter, sont un atout d’autant plus stratégique qu’ils se raréfient car avec la généralisation de l’informatique et d’internet, on ne produit tout simplement plus de manuscrits !


18 000 clients


Une perspective de plus-value éventuelle mais intéressante, un investissement sécurisé par la propriété directe des oeuvres, l’attrait de pièces uniques de grande valeur historique, littéraire, artistique ou scientifique : voilà le tiercé gagnant d’Aristophil. À tel point qu’au fil du temps ce sont plus de 18 000 investisseurs qui sont venus confier une partie de leur épargne à la société, le plus souvent pour leur plus grande satisfaction. Le risque semble en effet presque absent de ce type d’opération : un marché de l’art euphorique depuis plusieurs décennies, qui recèle des perspectives de croissance à la mesure du développement des pays émergents, une propriété directe garantie par acte notarié, une possible levée d’option d’achat d’environ 8 % par an, pouvant être exercée par Aristophil. Trop beau pour être vrai ?
C’est ce que semble croire la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) à l’origine de l’enquête qui vise actuellement la société. La forme étant inattaquable, c’est le fond qui pose question aux enquêteurs et plus précisément le prix des pièces vendues aux investisseurs. Ont-elles été surévaluées ? Non ! Le calcul des marges brutes commerciales enregistrées, que l’on retrouve sur les bilans annuels, le prouve, et on ne reviendra pas ici sur la question éminemment complexe, et variable, des prix du marché de l’art. Ils sont évalués habituellement par des experts, et c’est précisément ce qu’a toujours fait la société Aristophil. On retiendra simplement que les prix dépendent très largement des conditions de vente et qu’un actif bradé dans une vente judiciaire ne rapporte pas autant que s’il est vendu à un collectionneur fortuné ou à un musée. Espérons simplement, pour le marché comme pour les investisseurs, que l’arrêt  provisoire des activités d’Aristophil ne signe pas le début d’une vaste liquidation à vil prix. Le gâchis serait immense et viendrait donner une apparence de justification a posteriori aux oiseaux de mauvais augure…


Laurent Nicolas

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Aristophil : le patrimoine écrit en danger

L’enquête judiciaire dont fait l’objet Aristophil depuis le 18 novembre dernier ne doit pas mettre en danger la valorisation en France du patrimoine écrit dont cette société a été l’acteur le plus dynamique. Les trésors manuscrits acquis par Aristophil depuis vingt ans et même plus doivent être pris en compte, car il s’agit du patrimoine culturel français, du bien de tous. Ce serait un crime de laisser ces fonds avec des documents uniques et inestimables bradés dans une procédure qui porterait atteinte, même sans le vouloir, à la valeur de notre mémoire écrite dans tous les domaines.

Cet aspect de l’ « affaire Aristophil » paraît dans un premier temps avoir été mis de côté… mais cela ne pourra pas durer. Une enquête préliminaire a en effet été ouverte par le parquet de Paris suite à des soupçons de diverses natures. La médiatisation dans le sensationnalisme a débouché de fait sur une violation du secret de l’enquête dès les premiers jours. Un vaste pan du patrimoine écrit, réuni depuis plus de vingt ans par Aristophil et ses musées, est menacé à court terme. Gérard Lhéritier a redonné toute la place qu’il méritait au manuscrit sur un marché de l’art en pleine expansion. Ses actions culturelles multiples ont contribué à porter un regard nouveau sur les lettres et manuscrits, tant parmi le grand public, qu’à travers la presse ou parmi les chercheurs.
C’est lui qui a fait sortir de greniers poussiéreux ou de librairies formidables mais confidentielles, d’exceptionnels témoignages écrits de l’esprit humain de tous horizons, que ce soit dans le domaine historique, dans celui de la littérature et de l’art, ou dans celui des sciences. Il a transformé en découvertes publiques grâce à l’investissement personnel, dans des musées ouverts à tous, ce qui relevait du patrimoine écrit privé. Ceci, personne ne peut aujourd’hui sérieusement le contester eu égard au formidable bilan culturel d’Aristophil et de ses musées. Si l’on juge un arbre à ses fruits, Aristophil, c’est pour le patrimoine écrit, le pommier d’or du jardin des Hespérides.


Une saga unique à la française


Aristophil aurait pu se contenter d’acheter et de vendre avec une marge bénéficiaire à des investisseurs, des lettres et manuscrits acquis de gré à gré ou aux enchères puis proposés à travers un modèle économique novateur. Rien n’obligeait en effet Gérard Lhéritier à s’engager dans un combat culturel coûteux, devenu au fil des années une saga unique à la française. On peut même penser qu’une activité plus discrète et moins généreuse lui aurait peut-être évité les ennuis d’aujourd’hui. Les projecteurs brûlent parfois ceux qui aiment trop la lumière. Mais voilà… Il a voulu donner à une société privée française les moyens de jouer dans la cour des grands pour l’intérêt national, à armes égales, par patriotisme patrimonial dans une concurrence culturelle devenue mondiale. Avec une intuition qualifiée très souvent de géniale, il avait compris que les manuscrits, devenant de plus en plus rares avec le développement du traitement de texte et des courriels, seraient de plus en plus précieux. On a toujours tort d’avoir raison trop tôt, on se fait des ennemis. Il aurait dû prévoir que ses achats records médiatisés, ses retours en France de documents prestigieux remarqués, ses expositions célébrées en grande pompe, et même son immense générosité à l’égard des institutions publiques en quête éperdue de moyens, ne seraient pas supportés par des fonctionnaires envieux et obtus et par une poignée de libraires aigris et jaloux, si révélateurs d’une France dramatiquement étroite et sclérosée. La suspicion-dénonciation a fait son oeuvre. C’est un moyen, aurait dit Churchill, de donner aux poux le pouvoir de dévorer les lions. L’acharnement, le harcèlement et le dénigrement, relayés par certains journalistes bien intentionnés, ont déclenché une machine judiciaire qui peut, si les juges n’y prennent garde, avoir des effets culturels imprévisibles et dévastateurs. Ils en sont bien entendu certainement conscients. C’est pourquoi il ne faut pas désespérer. Quand on a suivi pas à pas l’évolution d’Aristophil, une conviction se dégage : cette aventure ne peut se terminer ainsi. Le développement de la société s’accompagne de la montée en puissance des acquisitions d’Aristophil grâce à la confiance de ses partenaires et clients investisseurs. La philosophie d’Aristophil est de présenter dans des lieux dignes de leur importance historique des écrits dans tous les domaines du génie humain. Les collections privées acquises et conservées par Aristophil et ses musées comptent plusieurs dizaines de milliers de pièces pour la plupart exceptionnelles.


La magie Aristophil


Nous avons le souvenir de l’exposition sous le Dôme des Invalides près du tombeau de l’Empereur, d’une collection de quelque 500 lettres et manuscrits de Napoléon rapatriée des États-Unis où elle était conservée par un collectionneur américain… Des « Vive l’empereur ! » criés par des soldats en tenue impériale donnèrent le frisson à nombre de visiteurs le jour de l’inauguration de l’exposition.
L’exposition dura 3 mois et accueillit 250 000 visiteurs. C’est aussi cela la magie Aristophil. Je me  souviens également précisément de l’émotion suscitée par le rapatriement des États-Unis du testament politique de Louis XVI, acquisition qui fit la Une du Figaro. Ce document était ni plus ni moins un appel personnel adressé par le roi aux Français, rédigé par ses soins, pour expliquer sa rupture avec le processus révolutionnaire juste avant ce que l’histoire retiendra comme « la fuite à Varennes »… Ce document qui résume l’état d’esprit de Louis XVI à un moment décisif de la  Révolution apporte un nouvel éclairage, essentiel pour les historiens, sur la période révolutionnaire et l’analyse du roi. Gérard Lhéritier l’a-t-il acheté trop cher ? Est-ce réellement le problème ? Ne faudrait-il pas plutôt s’interroger sur la présence d’un tel document sur le territoire américain ? Comment un écrit de cette importance a-t-il pu être exfiltré du territoire français par certains, et vendu en mains privées à un collectionneur américain ?
Aristophil rapatrie, rassemble et valorise. Et la place manque ici pour rappeler l’ensemble des actions d’Aristophil en faveur du patrimoine écrit. Mentionnons néanmoins l’acquisition du manuscrit Einstein-Besso concernant la théorie de la relativité générale, l’un des documents les plus importants au monde, opportunité rare dans la vie d’un collectionneur d’acquérir un tel monument de l’histoire de l’esprit humain, que Gérard Lhéritier a su saisir à un moment où personne ne s’y intéressait vraiment. La révélation de l’importance de ce chaînon manquant dans l’élaboration de la théorie de la relativité fut une redécouverte pour d’éminents scientifiques comme Étienne Klein. Que la valeur d’un tel manuscrit ait littéralement explosé était donc inéluctable. La mise en perspective d’importants documents littéraires, tels que ceux de Marcel Proust, de Romain Gary, ou d’André Breton (mentionnons pour ce dernier ses deux Manifestes du surréalisme), à travers des expositions qui font date aujourd’hui dans l’histoire culturelle de notre pays, est également l’oeuvre d’Aristophil et de ses musées. La constitution de telles collections n’a pu se réaliser que grâce à des moyens financiers importants et toute une stratégie d’acquisition savamment étudiée. Si Aristophil a acquis nombre de ses collections en ventes publiques et auprès de libraires spécialisés, la société achetait également ses documents auprès de particuliers et de familles d’auteurs illustres : ce fut ainsi le cas pour les archives d’Antoine de Saint-Exupéry, la collection de lettres de l’Académie française achetée à la famille de Flers, le fonds Boris Vian ou Jean Cocteau, ou de l’ensemble des 313 messages secrets du général de Gaulle provenant du fils de la secrétaire du chef de la France Libre, sans oublier la dernière grande acquisition en date, celle du manuscrit des 120 Journées de Sodome, rédigé par le marquis de Sade, cédé après de longues années de négociations par la famille du grand collectionneur suisse Gérard Nordmann.


Mécénat et volonté d’ouverture


En matière d’acquisitions, Gérard Lhéritier et Aristophil, ce sont tout à la fois un certain génie,  l’intuition, le flair. Mais c’est également une volonté de mettre à la disposition des étudiants et des chercheurs, voire du plus large public possible, l’ensemble de ces collections inestimables pour l’histoire des idées. Faut-il rappeler que ni Gérard Lhéritier ni Aristophil et ses musées n’ont à un seul moment fermé leurs portes aux institutions publiques, que ce soient les musées, les bibliothèques ou d’autres institutions culturelles (Aristophil et ses musées ont ainsi prêté leurs oeuvres à une vingtaine d’institutions en 2013), jouant même à fond la carte du partenariat voire du mécénat. On peut citer ici deux exemples : le don fait en 2012 par Aristophil à la Bibliothèque nationale de France pour lui permettre d’acquérir La Vie de sainte Catherine d’Alexandrie, un manuscrit enluminé médiéval classé depuis Trésor national, et les archives de Michel Foucault, sans oublier le financement du musée Paul Verlaine à Metz. On passera sur les dons à différentes associations et sur les actions humanitaires de proximité ou plus lointaines. Cette générosité, qui est un trait de caractère du patron d’Aristophil, est à opposer à l’hostilité mesquine de certains fonctionnaires qui ne supportent pas la réussite privée ; encore moins quand celle-ci se situe dans le domaine de l’art. Mais peut-on poser une question à tous les défenseurs « sincères » - et il y en a souhaitons-le - sur l’avenir de ces collections (bien réelles) conservées par Aristophil et ses musées ? Que va-t-il advenir en effet de tout ce patrimoine écrit ? Prendra-t-on le risque de le brader à la hâte, au tiers (ou pire) de sa valeur ou bien de le voir réquisitionné par quelque institution qui le rangera pour toujours sur les rayonnages poussiéreux de ses réserves rarement accessibles au commun des mortels ? Ou alors, faudra-t-il se résigner à voir partir les témoignages irremplaçables de la pensée française vers d’autres contrées lointaines, en Asie, au Moyen-Orient, ou en Russie, pays où les acheteurs de documents historiques sont de plus en plus nombreux ? La question reste posée à ceux qui ont pris le risque d’une mise à mort d’Aristophil et de ses musées. On prend le risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. Aristophil ne survivra sans doute pas, en l’état en tout cas, à la crise actuelle. La justice dira ce qu’il en est de son fonctionnement juridique et commercial, mais ses réalisations culturelles de ces vingt dernières  années existent et méritent d’être défendues.
À ce jour le devoir de tous les passionnés et défenseurs du patrimoine écrit, est de tenter par tous les moyens de préserver les collections ainsi constituées. D’éviter leur dispersion aux quatre coins du monde, et de sensibiliser les propriétaires de ces manuscrits sur leur devenir. Mettre en vente un trop grand nombre de manuscrits et de lettres à la hâte risquerait en outre d’affecter un marché qui n’a jamais connu de baisse depuis plus de deux siècles. Les ventes de lettres et manuscrits,  enregistrant des prix record, se sont poursuivies en cette fin d’année 2014 (voir nos articles consacrés au marché des lettres manuscrites en dernières pages). Aristophil qui a été le moteur de cette nouvelle dynamique au sein du marché de l’art n’a jamais fait le marché et encore moins aujourd’hui…
CQFD. Tant mieux, pourvu que cela dure pour tous ceux qui ont investi dans la plus belle des collections, celle des écrits du génie humain. Il faut rendre à César ce qui est à César et à Gérard Lhéritier au niveau de la culture, ce qui est à Aristophil.

Patrice Zehr

 

Légende de l'illustration : Allocution de Gérard Lhéritier lors de l’inauguration de l’Institut des Lettres et Manuscrits à l’Hôtel de la Salle à Paris, le 24 avril 2013. Le président d’Aristophil est entouré par Didier van Cauwelaert, président de l’Institut des Lettres et Manuscrits, Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement, Christian Estrosi, maire de Nice et Patrick Poivre d’Arvor, parrain du Musée des Lettres et Manuscrits.

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Plume N° 70

Plume et le musée des lettres et manuscrits à l'honneur !

Le 13 juin dernier, se déroulait dans la principauté de Monaco une importante manifestation organisée par Aristophil et son président Gérard Lhéritier. À cette occasion, furent célébrés en présence de nombreuses personnalités du monde de la culture et du spectacle, les dix ans du Musée des Lettres et Manuscrits et les vingt ans du magazine Plume. Plusieurs prix ont été décernés pour la circonstance, notamment à Jean-Pierre Guéno, directeur de la culture, à Estelle Gaudry, commissaire des expositions du Musée des Lettres et Manuscrits, à Christel Pigeon, rédactrice en chef de la Lettre du Musée, à l’ensemble de l’équipe de médiation culturelle et de l’accueil du Musée, enfin à Cécile Enjelvin et à Pascal Fulacher, respectivement rédactrice en chef adjointe et rédacteur en chef du magazine Plume. Retour en images sur cet événement. [...]

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Les manuscrits perdus d'Ivan le Terrible

Un tyran amateur de manuscrits, parfois la cruauté chemine donc avec la culture. Le Tsar Ivan IV dit le Terrible était le possesseur d’un fabuleux trésor de manuscrits, mais un trésor perdu, mystérieux et toujours recherché. Cette fabuleuse bibliothèque n’a pas été constituée par le souverain de toutes les Russies. La deuxième Constantinople avait hérité des écrits de Byzance.

Les empereurs de Byzance commencent à constituer une collection dès le début de l’ère chrétienne. Les manuscrits les plus précieux venus du monde entier et notamment de la célèbre bibliothèque d’Alexandrie, prenaient la route de Constantinople (actuellement Istanbul). Après la prise de la ville en 1453 par les Turcs, la bibliothèque est sauvée par miracle des flammes. Dix-neuf ans plus tard, la dernière princesse byzantine Sophie épouse Ivan III, le grand-père d’Ivan le Terrible. Un grand convoi chargé de dot arrive à Moscou avec la fiancée. Le grand trésor et notamment les manuscrits de la bibliothèque des empereurs de Byzance, sont désormais la propriété des Tsars de Moscou. [...]

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Patrice Zehr

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Journées Européennes des Lettres et Manuscrits : Le temps de l'écrit

Les Journées Européennes des Lettres et Manuscrits ont été créées par Gérard Lhéritier en 2012. En 2013, la thématique portait sur les défis de l’écrit à l’aube du 3e millénaire. Les 3, 4 et 5 octobre prochains, les débats et l’exposition éphémère des JELM 2014 organisées par Aristophil, par son Institut et par ses Musées des Lettres et Manuscrits, en partenariat avec la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale, Le Point, Plume, Lire et France Culture, mettront en scène et en question « Le temps de l’écrit ».

C’est l’académicien Érik Orsenna qui rappelait il y a quelques mois dans une interview que la véritable problématique soulevée par le déferlement du numérique, du virtuel et des nouvelles technologies de la communication était plus encore que nos relations avec l’espace, nos rapports avec le temps en général et avec le temps de l’écrit en particulier. L’ère du zapping, de l’instantané, de l’éphémère et du grand narcissisme risque-t-elle de nous couper de la mémoire et des supports de nos cultures et de nos valeurs ?
Évoluons-nous d’une civilisation du sens vers une civilisation de l’écume et des scories qui serait menacée par une sorte de maladie d’Alzheimer ? Érik Orsenna n’est pas pessimiste : il appartient au nombre de ceux qui pensent que le papier et le numérique ne font que vivre le début d’une formidable synergie. Il est à la fois grand consommateur de vrais livres et de livres numériques. Chez lui, la gomme, le papier et le crayon font très bon ménage avec le clavier qui souligne l’écran de son ordinateur.

Le temps des mots
Le temps de l’écrit : il intègre aujourd’hui comme hier la dimension de l’instant, celle de l’urgence et celle de la durée, la dimension de l’actualité et celle de la permanence, les facteurs de l’histoire et ceux de l’oubli. Pendant trois jours, ce thème donnera la mesure aux tables rondes, aux lectures, aux entretiens, aux débats animés par ces maîtres du temps éphémère que sont aujourd’hui les grands animateurs de la presse écrite et audiovisuelle, pour la plupart auteurs de livres à succès : Franz-Olivier Giesbert, Laurent Seksik, Michel Field, Bruce Toussaint, Patrice Zehr, Roland Sicard, ÉlisabethLévy, Christophe Ono Dit Biot… Le feu
de leurs questions réunira au cours de débats qui sans doute passeront trop vite, des écrivains, des hommes politiques, des journalistes, des scientifiques, des historiens et des philosophes parmi lesquels Éric-Emmanuel Schmitt, David Foenkinos, Tahar Ben Jelloun, Étienne Klein, Vladimir Fédorovski, François de Closets, Alain Finkielkraut, Valéry Giscard d’Estaing… Comme toujours depuis trois ans, les JELM donneront la parole aux mots avec des lectures de Charles Berling, Nicole Calfan, Elsa Zylberstein, Clémentine Célarié, Isabelle Etienne et Daniel Mesguisch.

Les mots du temps
L’exposition éphémère Le temps de l’écrit qui animera pendant trois jours l’hôtel Salomon de Rothschild, évoquera les rapports que les écrivains, les poètes, les peintres, les chanteurs, les gens de l’écrit et les créateurs en général peuvent avoir avec le temps. Elle mettra en valeur des lettres et des manuscrits de Mozart, Hugo, Musset, Sand, Flaubert, Proust, Baudelaire, Chateaubriand, Gide, Mermoz, Pissaro, Monet, Sisley, Cézanne, Renoir, Marie Curie, Yourcenar, Einstein, Brassens… Et puis elle rendra un hommage exceptionnel à Jacques Brel à travers un chapitre intitulé « Le temps de Brel ». Il y a quarante ans, en 1974, l’auteur de La valse à mille temps apprenait qu’il souffrait d’un cancer. C’est alors qu’il décida de changer de vie et de quitter le monde du spectacle et de la chanson. Il acheta un voilier de 42 mètres de long avant de se faire opérer puis de traverser l’Atlantique. Il se retira ensuite aux Marquises avant d’enregistrer un ultime album en 1977 et de mourir en octobre 1978, alors qu’il n’avait pas 50 ans. « Il y a deux sortes de temps, écrivait Jacques Brel, il y a le temps qui attend, et le temps qui espère. » Brel a toujours eu un rapport très particulier avec le temps. Il est évident que la perspective de la mort donna aux quatre dernières années de son existence un relief très particulier. Amsterdam, La valse à mille temps, Au suivant, La chanson des vieux amants : les collections des Musées des Lettres et Manuscrits de Paris et de Bruxelles sont très riches en manuscrits et en photographies de Jacques Brel. Mais au cours de ces journées, le temps le plus fugitif, le plus capiteux, le plus important et le plus précieux sera celui des spectateurs, des auditeurs et des visiteurs de ces journées qui auront pendant trois jours un accès libre aux animations des JELM à l’Hôtel de Rothschild. Les Journées Européennes des Lettres et Manuscrits 2014 composeront bel et bien un cocktail fl amboyant : celui du temps de la parole, de l’écriture, de la lecture, de l’amour et des passions. En un mot : celui du temps de l’échange.

Jean-Pierre Guéno

JELM 2014 « LE TEMPS DE L’ÉCRIT »
3, 4 ET 5 OCTOBRE
HÔTEL DE ROTHSCHILD
11 RUE BERRYER
75008 PARIS
www.journeesdeslettresetmanuscrits.fr

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Les Mayas, histoire et culture au Musée du Quai Branly

C’est une exposition exceptionnelle qui se prépare à Paris au Musée du Quai Branly du 7 octobre au 8 février 2015. En effet, ce musée va réunir 400 chefs-d’oeuvre de la civilisation maya prêtés par l’INAH (Instituto Nacional de Antropología e Historia du Mexique). Très attendue par les spécialistes comme par le grand public, cette manifestation s’annonce comme le clou de la saison culturelle 2014-2015 à Paris.

Cette présentation unique va permettre de comprendre ce que les Mayas ont apporté à l’histoire de l’humanité. Histoire, culture, art, religion et écriture vont être les thèmes principaux développés pour montrer toute l’étendue, à la fois géographique et temporelle, des 28 groupes qui composent la culture maya, chacun d’eux ayant sa propre langue et sa propre expressivité. [...]

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Sébastien Zaaf

LES MAYAS, UN TEMPS SANS FIN
MUSÉE DU QUAI BRANLY
37, QUAI BRANLY - 75007 PARIS
TÉL. : 01 56 61 70 00
www.quaibranly.fr

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Les femmes dans la guerre

Après les « Femmes journalistes », les « Voyageuses », le Festival international des écrits de femmes, qui se tiendra les 11 et 12 octobre, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, s’intéresse en cette année de commémoration du centenaire de la Grande Guerre, à la place des femmes dans la guerre.

L’occasion de se pencher sur leurs écrits, nombreux, qui ont la guerre pour sujet. Guerres de religion, Révolution française, Guerres d’Empire, Commune, Première et Deuxième Guerre mondiale, Guerre d’Algérie, conflits liés à la décolonisation, jusqu’aux grands conflits actuels, les femmes ont toujours fait entendre leur voix. Force est de constater que films, documentaires et publications s’intéressent principalement à l’armée, aux officiers, aux poilus sur le front, véhiculant ainsi une image de la guerre presque exclusivement masculine. Pourtant, à cette époque, les femmes ont également joué un rôle actif. Elles ont vécu la guerre et l’ont écrit dans des journaux intimes, lettres, articles de journaux, essais, poèmes et romans, révélant une part cachée de la guerre et de notre Histoire. Au programme : lectures, projections, rencontres et signatures avec les grands noms de la littérature contemporaines, comme Florence Aubenas, Martine Laroche-Joubert ou Josyane Savigneau.

Gwenaëlle Abolivier

FESTIVAL INTERNATIONAL
DES ÉCRITS DE FEMMES
11 ET 12 OCTOBRE
89520 SAINT-SAUVEUR EN-PUISAYE
www.ecritsdefemmes.fr

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Démons et merveilles à la British library

Si d’aventure vous êtes de passage à Londres en cette fin d’année 2014, prenez le risque, si vous l’osez, de faire un détour par l’exposition d’automne de la British Library.

Consacrée au roman gothique, genre littéraire anglais qui a vu le jour dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, cette exposition retrace par le biais de ses 200 oeuvres la naissance, l’apogée et la postérité de ce genre qui creusa un fossé avec les convictions héritées du siècle des Lumières et qui initia l’engouement pour le sentimental et le macabre. De l’édition originale de The Castle of Otranto d’Horace Walpole, en passant par les travaux mythiques de Mary Shelley pour son Frankenstein ou de Bram Stoker pour Dracula, sans oublier des affiches et des extraits de films, le visiteur pourra plonger au coeur de ce monde sombre et envoûtant, s’inspirant de la redécouverte de l’architecture gothique et du passé médiéval. Clou de l’exposition : une lettre autographe d’Ann Radcliffe, reine du gothique et pionnière du genre, levant un peu le voile sur son intimité et ses méthodes de création littéraire. C’est l’un des trois manuscrits de l’auteur connus à ce jour et le premier document à faire partie d’une collection anglaise ! Vous avez jusqu’au 20 janvier pour découvrir ce fabuleux texte et trembler de peur et de plaisir !

Anne-Raphaëlle Oberli

TERROR AND WONDER :
THE GOTHIC IMAGINATION
DU 3 OCTOBRE AU 20 JANVIER
BRITISH LIBRARY
LONDRES
http://www.bl.uk

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iSketchnote : Le manuscrit relié au digital

Réconciliant les adeptes du manuscrit avec le monde numérique, l’outil iSketchnote permet de dessiner ou d’écrire sur un iPad. Les notes manuscrites sont immédiatement numérisées grâce à la nouvelle technologie ISKN.

Seulement deux technologies, l’une chinoise, l’autre suédoise, permettaient jusqu’à présent de numériser l’écriture avec respectivement soit un récepteur ultrason soit une minicaméra infrarouge. Cette technologie ISKN permet maintenant de localiser avec une très grande précision le déplacement d’un stylo sur un bloc note. Présenté comme une couverture d’iPad, le blocnote contient une carte électronique bardée de capteurs. Ainsi l’utilisateur pourra coupler son plaisir d’écrire et en conserver la numérisation sur son iPad. À terme, ISKN pourrait également être appliqué pour la reconnaissance de caractères, ainsi que pour la prise de notes convertie directement en fichier texte et pourrait être adapté sur Android et Windows. Ce projet a séduit des milliers d’internautes qui ont décidé de soutenir le projet sur la plateforme de financement participatif Kickstarter.


Ségolène Lhommée

Plume N° 70 Rubrique : Zoom sur...

Mots écrits : Lecture de la Grande guerre

« Quand un soldat reçoit de l’amour de la patrie, il vous remercie chaleureusement pour vos dons et vos efforts. Je vous envoie en guise de tout petit remerciement de votre aimable pensée l’image que vous trouvez en bas pour que vous puissiez vous faire une idée approximative de notre vie, de nos faits et gestes dans la froide Russie » (traduit de l’allemand).

Ces mots exhumés des greniers reprennent vie dans la bouche de citoyens européens d’aujourd’hui grâce à la manifestation Mots Écrits, créée par la compagnie La Minutieuse et la comédienne Sophie Bourel. Dans chaque ville, une sélection de documents issus de la Grande Collecte a été faite avec des documentalistes, puis des élèves et adultes participants se sont exercés à la lecture à voix haute. Enfin la manifestation publique, dans un lieu emblématique, parachève le travail fourni par tous. Éphémère, Mots Écrits se prolonge sur internet : le site motsecrits.fr et les réseaux sociaux relaient le message grâce aux vidéos des expériences précédentes et une alimentation constante d’écrits. La première a eu lieu le 13 septembre au théâtre de Magdebourg en Allemagne. D’autres dates à découvrir sur internet.


Johanna Neplaz

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Un nouvel écrin pour Rousseau

Après trois ans de travaux, la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel peut désormais présenter les manuscrits de Jean-Jacques Rousseau dans un nouvel espace plus grand et plus lumineux, digne de ce fonds exceptionnel, inscrit en 2011 au registre Mémoire du monde de l’Unesco.

Depuis plus d’un siècle, la Bibliothèque conserve l’un des grands fonds documentaires sur le philosophe. Interdit de séjour sur le territoire français, après la publication de L’Émile, Rousseau trouve asile dans la principauté de Neuchâtel en 1762. Il y réside plus de trois ans et se lie d’amitié avec Pierre-Alexandre Du Peyrou, qui devient son archiviste. À la mort de Rousseau en 1778, Du Peyrou hérite des archives et publie une édition des oeuvres complètes de Rousseau. À sa demande, les documents rejoignent la bibliothèque de Neuchâtel en 1795. Le fonds est constitué d’une riche correspondance et de nombreux volumes de notes, brouillons, copies, auxquels s’ajoutent le premier manuscrit des Confessions, celui de l’Essai sur l’origine des langues, les célèbres cartes à jouer sur lesquelles Rousseau inscrivait ses pensées, le Dictionnaire de musique de l’écrivain et l’unique manuscrit des Rêveries du promeneur solitaire. Grâce à une muséographie plus moderne, des écrans tactiles permettent de consulter ces documents, ou encore les planches d’herbier du philosophe. Les différentes facettes de Rousseau, à la fois écrivain, philosophe, botaniste ou musicien, sont abordées, notamment dans un film documentaire et un jeu de questions-réponses. Une partie des manuscrits originaux est par ailleurs exposé dans une salle d’archives, accessible sur demande. On peut y voir l’acte de naturalisation qui a fait de Jean-Jacques Rousseau un citoyen neuchâtelois.

Cécile Enjelvin

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Les livres rares de la BnF

Bien que l’imprimerie ait permis la multiplication des oeuvres littéraires, la BnF revient sur la notion de rareté en présentant une centaine de trésors issus de la Réserve des livres rares et souligne la nécessité de la protection de ce patrimoine.

Au cours de ces vingt dernières années, le département en charge de la conservation des livres imprimés les plus précieux de la Bibliothèque a acquis plus de 11 000 ouvrages exceptionnels par leur ancienneté et leur caractère, tant historique qu’esthétique. Grands livres d’artistes majeurs des XXe et XXIe siècles, reliures exceptionnelles et documents illustres sortiront des réserves, comme la première édition française de L’Histoire de Mélusine de Jean d’Arras publiée vers 1479, des épreuves corrigées d’oeuvres majeures telles que Les Fleurs du Mal de Baudelaire, une plaquette par laquelle le ministre des affaires étrangères polonais alertait, dès la fin de l’année 1942, les gouvernements des Alliés de l’extermination des Juifs dans la Pologne occupée, ou encore l’exemplaire des Eaux-fortes originales pour des textes de Buffon de Picasso.

Barbara Jouves

ÉLOGE DE LA RARETÉ
DU 25 NOVEMBRE AU 1er FÉVRIER
BNF FRANÇOIS MITTERRAND
QUAI FRANÇOIS MAURIAC
75013 PARIS
TÉL. : 01 53 79 59 59
www.bnf.fr

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Exposition Marguerite Duras, portrait d'une écriture

À l’occasion du centenaire de la naissance de Marguerite Duras, la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou (Bpi) et l’Institut Mémoires de l’Édition Contemporaine (IMEC), auquel la romancière a confié ses archives en 1995, s’associent pour consacrer une exposition sur l’oeuvre de Marguerite Duras.

Cette exposition a été confiée à Jean-Max Colard, critique d’art et maître de conférences en littérature contemporaine à Lille III, et à l’artiste Thu Van Tran, représentante d’une nouvelle génération de plasticiens, sensibles autant à la question de la littérature qu’à celle de l’exposition. L’enjeu de ce projet artistique e résume en une question : comment exposer la littérature durassienne, en rendant compte de la complexité de son écriture ? Marguerite Duras est, en effet, l’un des grands écrivains qui a participé au renouvellement des formes narratives. [...]

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Gwenaëlle Abolivier

DURAS SONG,
PORTRAIT D’UNE ÉCRITURE
DU 15 OCTOBRE AU 12 JANVIER
BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE D’INFORMATION
RUE BEAUBOURG, 75004 PARIS
TÉL. : 01 44 78 12 75
www.bpi.fr

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L'enfer secret de la bibliothèque d’État de Moscou

Il n’est pas étonnant de trouver dans une bibliothèque familiale quelques ouvrages un peu trop osés pour être laissés à la vue de tous. Mais redécouvrir 12 000 pièces érotiques soigneusement dissimulées par l’Union Soviétique, c’est tout de suite plus spectaculaire.

Ce sont les allées de cette bibliothèque si particulière que Joy Neumeyer, journaliste au Moscow Times, a pu arpenter pour la première fois depuis des années. En effet, cette collection était gardée, dans le plus grand secret, dans une pièce annexe de la bibliothèque d’État de Russie. La plupart des employés en ignorait même l’existence. Constitué depuis le début du XXe siècle, cet ensemble hétéroclite réunit toutes les publications confisquées par les autorités soviétiques car jugées « idéologiquement dangereuses ». Dessins licencieux, ouvrages érotiques mais aussi écrits abordant la sexualité, tout ce qui touche de près ou de loin au corps est conservé dans cette bibliothèque secrète. Sous Staline, elle sera accessible à certains gradés afin qu’ils puissent assouvir leur curiosité personnelle... Si l’article de Joy Neumeyer permet une première plongée dans ces écrits, il ne fait aucun doute que la bibliothèque conserve encore de nombreux secrets. À ce jour, aucun projet de référencement ou de mise à disposition du public n’est connu.
Charlotte Meunier

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Cézanne - Zola, une lettre qui change l'histoire

Leur dispute légendaire était à la hauteur des personnalités en jeu : brutale et romanesque. On disait que Cézanne, après avoir lu L’Oeuvre de Zola et s’être reconnu sous les traits de Claude Lantier, le peintre raté des Rougon-Macquart, avait immédiatement tiré un trait sur une amitié d’enfance.

La lettre du peintre datée du 4 avril 1886, de par sa distance et ses références au passé, portait la rupture : « Je viens de recevoir L’Oeuvre que tu as bien voulu m’adresser. Je remercie l’auteur des Rougon-Macquart de ce bon témoignage de souvenir, et je lui demande de me permettre de lui serrer la main en songeant aux anciennes années. Tout à toi sous l’impression des temps écoulés. » Et depuis les deux amis ne s’étaient plus revus ni parlé. Pourtant les occasions n’avaient pas manqué. Cézanne séjourna plusieurs fois à Paris, Zola descendit deux fois à Aix mais aucun ne fit le pas de franchir la porte de l’autre. La rupture était définitive. Aujourd’hui une lettre qui refait surface vient perturber l’histoire établie. Elle est écrite par Cézanne et porte la date du 28 novembre 1887 : « Mon cher Émile, Je viens de recevoir de retour d’Aix le volume La Terre, que tu as bien voulu m’adresser. Je te remercie pour l’envoi de ce nouveau rameau poussé sur l’arbre généalogique des Rougon-Macquart. […] Quand tu seras de retour j’irai te voir pour te serrer la main. » Du nouveau grain à moudre pour les spécialistes !


Johanna Neplaz

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Confidences amoureuses au Musée des lettres et manuscrits

La très belle exposition consacrée aux correspondances amoureuses qui a eu lieu l’an dernier au Musée des Lettres et Manuscrits de Bruxelles, s’installe au MLM de Paris, pimentée de nouvelles pièces et thématiques. « Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime », titre de l’exposition extrait d’une lettre de Léon Bloy à sa fi ancée Jeanne Molbech, se tiendra jusqu’au 15 février 2015, boulevard Saint-Germain. Une invitation à pénétrer les écrits intimes de personnages célèbres.

La lettre d’amour naît le plus souvent de la distance et du manque entre les amants séparés. Elle est probablement le genre épistolaire le plus délicat, dans la mesure où toute la difficulté réside dans la recherche du bon mot pour retranscrire un sentiment qui tient de l’inexprimable. À travers des lettres pleines de passion ou des écrits romancés, le Musée vous convie à pénétrer la part la plus secrète de quelques personnalités célèbres : leur coeur. Musset, Apollinaire, Cocteau, Géricault, Piaf, Flaubert, Puccini, Guitry, Alexandre II, Stendhal… autant de personnalités aux parcours différents se trouvent rassemblées ici autour d’un même sentiment : l’Amour. La scénographie feutrée de l’exposition, telle une confidence murmurée entre deux amants, vous invite à flâner dans un labyrinthe de sentiments, du bleu apaisant de l’océan à l’orangé intense, entre écrits intimes et déclarations. Il est question dans cette exposition de contes de fées, de courtisanes, de rencontres, de baisers, de fidélité, d’adultère, de jalousie, de rupture, d’enfers… autant d’étapes qui jalonnent le parcours des amoureux et que l’on retrouve dans les échanges épistolaires ou les romans.

Quelques mots d’amour…
Chaque être humain espère rencontrer celui ou celle qui lui est destiné(e) et il suffit d’une rencontre, d’un échange de regard pour provoquer l’envie de se rapprocher. Dans Phèdre, l’héroïne de Racine décrit parfaitement ce que l’on ressent lorsque l’on est frappé par la foudre de l’amour : « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue / Un trouble s’éleva de mon âme éperdue / mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais plus parler / Je sentis tout mon corps et transir et brûler ». Les émotions, les regards, les parfums, les contacts physiques, les baisers… réduits à cause de la distance entre les amants, apparaissent dès lors idéalisés dans les échanges épistolaires. Ceux entre Alexandre II et sa maîtresse Katya dévoilent des lettres intimes nourries de cette frénésie dévorante, de ce tourbillon inexplicable qu’est la passion. À peine sont-ils séparés quelques heures que les deux amants s’envoient de longues lettres où ils évoquent l’importance de leurs « bingerles » (jeux sensuels). Leurs courriers en français datés, du jour et de l’heure, deviennent témoins de leur relation brûlante. L’absence de l’être aimé augmente le désir et devient source de fantasmes, offrant dès lors des échanges érotiques. Certains comme Giacomo Puccini s’en tiennent dans leurs échanges à un érotisme sensuel : « Comme c’était beau d’être avec toi dans l’intimité. Te rappelles-tu nos affaires. Moi, je les ai toutes en tête. Ma belle, ma chère, comme je voudrais pouvoir t’embrasser partout, même sur ta ch… Pardon, s’il te plaît, excuse-moi. Je suis fou de désir ». Éveil du désir, invitation au plaisir, le sexe et l’érotisme accompagnent la naissance de la littérature, en témoignent certaines œuvres présentées : le Cantique des Cantiques, Le Banquet de Platon ou L’Art d’aimer d’Ovide…

Méandres des sentiments
Mais les mots d’amour laissent parfois la place à la jalousie, à l’adultère, et le conte de fée devient tourmente, douleur, amertume, tristesse. La rupture amoureuse charrie avec elle une foule d’émotions d’autant plus exacerbées que la passion était forte. Les mots sont désormais accusateurs ou désespérés, mais toujours poignants, et les échanges épistolaires deviennent les témoins tangibles d’un amour partagé qui n’est plus. Quelquefois, le sentiment n’est point partagé et l’amoureux éconduit se retrouve dès lors bien seul, dans « un mélange de déception, de sécheresse et de rancune » comme l’écrit Saint-Exupéry à une femme dont l’identité nous est inconnue. D’autres ne résistent pas au plaisir doux de la vengeance comme Géricault qui écrit à sa maîtresse : « je veux vous déchirer le coeur ou te déchirer le coeur ». Il reste les mots, à la fois douloureux et libérateurs, qui, au fi l du temps et des lettres, permettront à l’amoureux transi de tourner la page. Au coeur des vitrines du Musée, les mots manuscrits mettent à jour la pluralité des thématiques amoureuses. L’exposition met avant tout en scène l’expression amoureuse, une expression toujours passionnée. De la pureté des lettres de Léon Bloy, à la féérie des récits imaginaires, des échanges de regard aux poèmes passionnés, des premiers regards aux passions dévorantes, l’amour bouleverse et les absences aiguisent le désir offrant ainsi des échanges parfois torrides, ou comment s’étreindre avec les mots… En effet, rien n’égale les mots et rien n’égale la lettre intime qui donne tout simplement envie de chuchoter à l’être aimé : « Laisse-moi t’écrire comment je t’aime ».

Estelle Gaudry

JE N’AI RIEN À TE DIRE SINON QUE JE T’AIME
JUSQU’AU 15 FÉVRIER
MUSÉE DES LETTRES ET MANUSCRITS
222, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
75007 PARIS
www.museedeslettres.fr
TÉL. : 01 42 22 48 48

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Plume N° 69

Grande Guerre : le regard de Pétain

La formule du général de Gaulle, « la vieillesse est un naufrage », s’appliquait, on le sait, au Pétain de Vichy. Mais avant le vieillard sénile de Vichy, il y avait le héros de Verdun. Le point de vue de ce dernier sur la Grande Guerre manquait aux historiens. Il semble que cette lacune soit maintenant comblée.

En cette année du centenaire de la Grande Guerre, les éditions Privat publient un texte inédit et d’une grande importance : Pétain, la guerre mondiale 1914-1918, accompagné de toutes les illustrations, permettant désormais au grand public comme aux chercheurs d’accéder à l’histoire du conflit vue par Philippe Pétain, commandant en chef des armées françaises ; histoire rédigée par la main même du maréchal qui avait pour ambition d’être élu à l’Académie française.

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Par Anne-Marie Romero

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Les 30 deniers du Vatican

Un accord vient d’être trouvé entre la Bibliothèque apostolique vaticane et la société nippone NTT DATA Corporation, fournisseur mondial de solutions informatiques, pour la numérisation des collections de la Bibliothèque :

d’ici 2018, près de 3000 oeuvres manuscrites seront scannées, mobilisant une cinquantaine de personnes. Cet accord de 18 millions d’euros est la première phase d’une opération contribuant à l’archivage
des manuscrits de la Bibliothèque. Ayant procédé précédemment à la numérisation de la bibliothèque du parlement
nippon, NTT DATA va améliorer les processus actuels et développera des solutions pour l’archivage numérique
des manuscrits en haute défi nition, et pour le stockage et la préservation des données sur le long terme. En comptant les 6800 manuscrits qui ont déjà été scannés par d’autres opérateurs de moindre envergure, 15 000 manuscrits devraient être traités dans quatre ans sur les 82 000 que compte la Bibliothèque. Toutes ces images obtenues seront mises à disposition du public sur le site internet de la Bibliothèque vaticane.

Ségolène Lhommée

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Sand pour adultes

Un manuscrit inédit de George Sand vient de paraître aux éditions numériques SKA.

Près d’un siècle et demi après sa disparition, la romancière parvient encore à nous surprendre puisque ce texte, retrouvé récemment chez un bouquiniste italien et authentifié par le professeur Ettore Delsedere, est une nouvelle érotique : Inferno raconte le calvaire d’une mère, qui pour sauver son fils des enfers où règnent luxure et fornication, y descend à son tour et sacrifie sa vertu. Jointes à ce manuscrit, qui fut la propriété des descendants du médecin Pagello, amant de la romancière à Venise, se trouvaient aussi des correspondances entre Sand et Musset ; elles apportent de nouveaux éléments sur leur dispute, à Venise, en 1834. George dit avoir rédigé en partie Gamiani, ce brûlot érotique attribué à Musset. Inferno serait le résultat de cette querelle. Prudence toutefois car il existe de nombreux textes apocryphes de George Sand, notamment érotiques ; il était en effet fréquent au XIXe siècle, friand d’écrits
licencieux, de trouver des canulars littéraires de ce genre.

Cécile Enjelvin

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Théodore Ber, un « Gauguin figeacois » dans les Andes

Le Musée Champollion - Les Écritures du Monde, à Figeac (Lot), consacre actuellement une exposition originale à un enfant du pays oublié, globe-trotter, archéologue, communard, redécouvert à travers treize de ses quinze carnets de voyage au Pérou : 40 ans dans les Andes. L’itinéraire oublié de Théodore Ber.

Théodore Ber est l’archétype de l’illustre inconnu. Même à Figeac, sa ville natale, on ignorait son existence jusqu’à ce qu’au début des années 2000, Christophe Galinon, archiviste au Service du Patrimoine, découvre dans les combles de l’Hôtel de Ville, treize vieux cahiers couverts d’une écriture penchée à l’encre bleue, illustrés de petits dessins, de portraits, de plans et raturés de corrections : au total 3 000 pages du journal de cet autodidacte qui avait tout quitté en 1850 pour se rendre au Chili.


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Par Anne-Marie Romero

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Rapport du sénat sur le SHD

En France, la conservation des archives militaires relève du Service historique de la Défense. Le Sénat qui vient d’étudier les activités du SHD, s’est arrêté sur l’une de ses missions : la valorisation de ses fonds.

Bilan : si des documents sont déjà accessibles sur Internet, comme sur le site Mémoires des hommes, les sénateurs souhaitent une mise en ligne systématique des archives lorsque celles-ci sont communicables : « Il est nécessaire de donner les moyens aux jeunes générations, qui n’ont pas connu le service national ni de conflits majeurs, de renouer un lien, à travers le destin de leurs ancêtres ou de leur territoire, avec l’armée, qui continue d’être l’une des institutions fondamentales de notre République. » Ils plaident donc en faveur du numérique affirmant que « de plus en plus, ce qui ne sera pas accessible en ligne aura comme disparu aux yeux des hommes », et préconisent l’élaboration d’un « schéma directeur de la numérisation ».

Cécile Enjelvin

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L’IMA raconte l’Orient Express

L’Institut du Monde Arabe fait revivre le mythe de l’Orient Express en accueillant le célèbre train sur son parvis et en organisant une grande exposition dans ses locaux.

Dans les wagons, vous croisez des passagers célèbres comme Edmond About, Pierre Loti, la princesse Bibesco ou Graham Greene, qui tous ont raconté leur voyage. Le Crime de l’Orient Express d’Agatha Christie est aussi largement abordé avec la reconstitution de la scène du crime et la confrontation finale entre tous les protagonistes. À l’intérieur de l’Institut, vous découvrez l’histoire de cette aventure débutée en 1883, avec Georges Nagelmackers qui rêvait de faire le tour de la Méditerranée en train. Grâce à sa culture du voyage à la française et à son goût du luxe, le fondateur de la Compagnie des wagons-lits a marqué son temps. Des documents d’époque (affiches, brochures, guides touristiques et menus), ainsi que des plans des wagons et des objets utilisés à bord, montrent le raffinement de la compagnie. Nous vous conseillons de poursuivre le voyage sur internet avec le journal de bord d’un conducteur imaginaire, qui retrace le parcours du train d’un point de vue intimiste : www.il-etait-une-fois-orient-express.imarabe.org.

Johanna Neplaz


IL ÉTAIT UNE FOIS L’ORIENT EXPRESS
JUSQU’AU 31 AOÛT
INSTITUT DU MONDE ARABE
1, RUE DES FOSSÉS-SAINT-BERNARD
75005 PARIS
TÉL. : 01 40 51 38 38
www.imarabe.org

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Le livre de la discorde

S’il est un livre qui suscite des passions déchaînées, il s’agit bien de Mein Kampf, d’Adolf Hitler. Un exemple récent vient encore de le prouver.

La vente de la collection d’ouvrages consacrés au crime, dans son aspect le plus large, de Philippe Zoumeroff, chez Pierre Bergé & Associés, s’est vue privée d’un lot historique : les deux volumes de l’édition originale de Mein Kampf de 1925 et 1927. Ils ont été retirés à la demande du Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme. Il est donc temps qu’une législation européenne vienne encadrer la diffusion de l’ouvrage d’Hitler, nauséabond certes, mais aussi fondamental pour comprendre l’idéologie nazie. En effet, en 2016, le Land de Bavière, qui possède les droits depuis 1945, verra ceux-ci tomber dans le domaine public. Le marché pourrait alors être inondé d’éditions pas toutes recommandables. Dans cette optique, une édition critique commentée par des historiens est prévue par le Land de Bavière. Il faudrait aussi encadrer la diffusion du texte sur internet. Précisons toutefois que pour la vente Zoumeroff, la polémique est un peu stérile : Philippe Zoumeroff est juif, a été caché à Cahors pendant la guerre, et une partie de sa famille est morte en déportation.

Sébastien Zaaf

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Tout Shakespeare en 26 lettres

C’est une découverte légendaire qui risque de faire beaucoup de bruit ! Si cela s’avère vrai et que les experts parviennent à s’entendre, ce ne serait, ni plus ni moins, qu’un dictionnaire rempli d’annotations de la main du plus grand poète, dramaturge et écrivain de la langue anglaise : William Shakespeare, qu’auraient retrouvé Daniel Wechsler et George Koppelman, deux libraires new-yorkais.

Tout commence le 29 avril 2009, lorsque les deux hommes achètent sur eBay un livre ancien de John Baret, intitulé An Alvearie or Quadruple Dictionarie, pour la modique somme de 3000 €. Ce livre imprimé en 1580 et les milliers d’annotations qui l’agrémentent, leur mettent la puce à l’oreille sur l’identité de son propriétaire. Premier indice : on y retrouve les initiales « W » et « S ». Deuxième indice : lorsque l’on connaît le goût de Shakespeare pour la langue anglaise et les lexiques inhabituels, on ne peut être que surpris de retrouver dans ses pièces et poèmes de nombreux mots plutôt rares et champs lexicaux précisément annotés dans ce dictionnaire. Pour l’heure, ces pistes et les six ans passés à étudier ce précieux ouvrage sont loin d’avoir convaincu les experts de l’ère élisabéthaine, qui n’ont pour l’instant pas souhaité s’associer à cette découverte. Espérons que celle-ci ne fasse pas Beaucoup de bruit pour rien…

Anne-Raphaëlle Oberli

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Le génie d’Alexandrie

En partenariat avec la Fondation Gandur pour l’Art et la Biblioteca Medicea Laurenziana, la Fondation Martin Bodmer nous invite à redécouvrir les trésors mythiques de la cité de tous les savoirs.

Qui n’a pas rêvé à la bibliothèque d’Alexandrie, à ses rouleaux de papyrus et à ses 700 000 volumes rassemblant, en un seul et même lieu, toutes les connaissances du monde antique ? Cette bibliothèque idéale, nous la devons à Ptolémée qui fi t de sa ville une nouvelle Athènes et demanda à tous les navigateurs faisant escale à Alexandrie de confier leurs livres à ses scribes.

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Par Valère-Marie Marchand

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