Actualités

Plume N° 63

Goebbels le repoussoir

Le 27 septembre 2012, la maison Alexander Historical Auctions a mis en vente des milliers de pages écrites de la main de Joseph Goebbels : des cartes postales, des poèmes, des dissertations scolaires, des pièces de théâtre et plus de cent lettres d’amour. Ces archives remontent à l’adolescence de Goebbels jusqu’à son adhésion au parti national-socialiste en 1924, et permettent une étonnante plongée dans la psychologie de celui qui allait devenir l’un des responsables les plus influents du Reich - il fut ministre de la Propagande dès 1933. La collection dévoile les prémices chez le jeune allemand de son idéologie antisémite, mais aussi de son caractère égocentrique et dominateur. Selon le président de la maison de vente, Bill Panagopulos, elle « montre comment cet étudiant assez simple, timide et romantique, s’est radicalisé ». Même dans les lettres intimes, Goebbels traite d’aspects politiques de l’époque en parlant notamment du « sentiment allemand » après la Première Guerre mondiale. Ainsi, à un homme qui lui transmet ses condoléances après la mort de sa sœur, Goebbels répond que son chagrin est insignifiant en comparaison de celui dont souffre sa « patrie ».  La maison de vente, qui espérait retirer de ces écrits 200 000 dollars, n’a pas trouvé preneur. SEGOLENE LHOMMEE

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John Lennon intime se raconte en mots

Love, love me do, You know I love you…», ce premier single des Beatles fête ses 50 ans. À la liste des célébrations, ne manquez pas d’ajouter l’ouvrage exceptionnel intitulé Les lettres de John Lennon du journaliste Hunter Davies, ami du groupe et auteur de la seule biographie officielle. Pendant des années, Davies, soutenu par Yoko Ono, a recherché les lettres de Lennon, chez les collectionneurs, dans les salles de vente, auprès de sa famille… pour sélectionner 250 documents qui retracent les étapes de la vie du chanteur. Pour la plupart inédites, les lettres sont présentées dans des parties thématiques fort bien documentées et Davies nous livre précisément les clés de leur contenu et de leur contexte : ses années d’enfance, la Beatlemania, l’arrivée de Yoko, les embrouilles avec Paul… Et à l’auteur de préciser : « Il lui était totalement naturel de coucher sur le papier chaque nouvelle idée, pensée ou envie de communiquer. »

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Rimbaud, l'intégrale

Notre rapport à Rimbaud est ambigu et complexe. À la seule prononciation de son nom, un visage paraît, comme si nous l’avions toujours connu » écrit Claude Jeancolas en préambule de son ouvrage Les Manuscrits d’Arthur Rimbaud l’intégrale, qui vient de paraître chez Textuel. C’est, une fois n’est pas coutume, à travers son écriture que

C. Jeancolas nous propose un nouveau portrait de Rimbaud. La totalité de ses poèmes manuscrits ont ici été reproduits avec soin par l’auteur et l’éditeur, avec en regard de chacun d’eux sa transcription. Cette édition, considérée par l’auteur lui-même comme définitive, contient non seulement de nouveaux textes comme Qu’est-ce pour nous mon cœur, Michel et Christine, Plates-bandes d’Amarante, Honte, mais aussi de nombreuses variantes. Le lecteur aura également la surprise de découvrir son Rapport sur l’Ogadine, l’un de ses écrits non poétiques, révélateur d’un travail rigoureux, d’une description objective et d’une précision scientifique, rédigé en 1883 lors de son séjour en Afrique. « Lire les manuscrits [de Rimbaud] c’est cheminer avec lui, près de lui, si près » estime l’auteur. De ses premiers écrits de 1870 aux Illuminations de 1873-75, en passant par les poèmes du Voyant (Le Bateau ivre, Voyelles) et les brouillons d’une Saison en enfer, les manuscrits se suivent par ordre chronologique et peuvent être lus au fil de la plume du poète, permettant de pénétrer dans son écriture, dans l’intimité et la vérité de sa pensée. Une manière de mieux appréhender le « phénomène Rimbaud » comme le dit lui-même Claude Jeancolas.

P. FULACHER

LES MANUSCRITS D’ARTHUR RIMBAUD, L’INTEGRALE,

CLAUDE JEANCOLAS, TEXTUEL, 574 P., 49 Ä.

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La bibliothèque musicale François-Lang : un trésor encore méconnu

Une exposition virtuelle sur l’artiste Debussy est proposée par la Bibliothèque musicale François-Lang. De nombreuses partitions autographes des plus grandes œuvres du compositeur, d’ordinaire inaccessibles au public, peuvent ainsi être consultées librement par tous les amoureux du genre. La Bibliothèque musicale François-Lang offre toutefois bien d’autres trésors. Elle rassemble près de 1300 titres, manuscrits et imprimés, allant du XVIe au XXe siècle, réunis minutieusement par le pianiste François Lang entre 1931 et 1941. Y sont conservés entre autres des manuscrits de Fauré, des esquisses, lettres et épreuves corrigées par Berlioz. Elle est réputée pour ses pièces relatives à l’histoire de l’opéra français, possédant un catalogue impressionnant de documents précieux tels que livrets, partitions et recueils. Une bibliothèque d’études composée de 2 000 ouvrages musicologiques de référence et de partitions vient enrichir ce fonds. Propriété de Royaumont depuis 1964, cette bibliothèque est située dans les murs de l’abbaye de Royaumont, créée en 1228 par Saint-Louis, en plein cœur d’un vaste terrain composé d’eau et de forêts et dont l’ensemble des bâtiments a été conservé. La bibliothèque est ouverte en priorité aux chercheurs, artistes et enseignants sur réservation.

Emelyne RAVELET

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Un manuscrit médiéval acquis par la bibliothèque municipale d'Angers

La bibliothèque municipale d’Angers a réalisé sa plus grosse acquisition depuis 1977 en achetant pour la somme de 90 000 euros un manuscrit médiéval datant entre 1500 et 1503. Rédigé par le médecin Nicolas de Houssemaine à l’attention de l’un de ses patients, Jean de Chabannes, comte de Dammartin, il était conservé depuis le XIXe siècle à la British Library, puis à New York. L’un des héritiers de Thomas Phillips (1792-1872),célèbre collectionneur, en avait fait don à l’institution. Exemplaire original de l’ouvrage intitulé Les gestes des comtes de Dammartin, il n’en existe à ce jour qu’une seule copie, écrite entre 1504 et 1511, adressée à la fille de Jean de Chabannes et conservée à la BnF. À la différence de cette copie, le manuscrit original, composé de 62 feuillets, contient un prologue dans lequel l’auteur confie avoir désiré rédiger ce texte dans le but d’éclairer le comte sur sa parenté avec de nombreuses familles royales. 

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Plume N° 62

L’Art d’aimer au Moyen Âge

Du 6 novembre 2012 au 17 février 2013, la BnF ouvre ses portes à une magnifique exposition sur le thème du  Roman de la rose, long poème écrit en 1237 par Guillaume de Lorris puis complété par Jean de Meum entre 1275 et 1280.

Ce texte méconnu a su passionner les foules depuis le XIIIe siècle jusqu’au XVIe siècle, mais aussi susciter de nombreux débats. En effet, cet ouvrage se voulant à la fois aimable et misogyne, allant des bonnes mœurs jusqu’au libertinage, il engendra autant de contestations qu’il appela à l’admiration. À la fois roman d’amour et récit poétique composé de 22 000 vers octosyllabiques, il narre la conquête de Rose par un jeune homme nommé l’Amant et dresse un portrait de toutes les situations, romantiques ou libertines, que l’amour peut créer. Ce texte appartient au corpus des Arts d’aimer médiévaux. Seules trois cents copies manuscrites ont été conservées. La Bnf rassemble ici une centaine de manuscrits enluminés et d’imprimés anciens et invite le visiteur à découvrir en images les moments-clés de ce récit original et subtil. Cette exposition cherche ainsi à sensibiliser le visiteur à cette œuvre encore trop méconnue, tout en lui permettant de (re)-découvrir ses collections de trésors manuscrits.

Emeline Ravelet

L’art d’aimer au Moyen Âge, Le roman de la rose
Du 6 novembre au 17 février 2013
BnF / Bibliothèque de l’Arsenal
1, rue de Sully, Paris 4e
www.bnf.fr

Plume N° 62 Rubrique : Zoom sur...

De nouvelles fins pour L’Adieu aux armes d’Hemingway

Les éditions Scribner publient une édition inédite du célèbre Adieu aux armes d’Hemingway.

L’auteur avait en effet avoué dans une interview pour la Revue de Paris en 1958 avoir réécrit 39 fois la fin de son roman « avant d’être complètement satisfait », créant ainsi 47 fins de son roman. Ces brouillons étaient conservés depuis 1979 au sein du musée et de la bibliothèque John F. Kennedy à Boston. Ainsi, en plus de la fin initiale dans laquelle le héros rentre à l’hôtel sous la pluie après la mort en couches de sa femme, la nouvelle édition propose au lecteur de découvrir ces 47 dénouements inédits, dont le premier est rédigé en ces termes : « C’est tout ce qu’il y a à dire de cette histoire. Catherine meurt et je vais mourir et c’est tout ce que je peux vous promettre. » Francis S. Fitzgerald lui-même a proposé à l’écrivain une fin que ce dernier a refusée, la jugeant « idiote ». Le petit-fils d’Hemingway voit dans cette initiative l’occasion d’étudier le processus de création littéraire de son grand-père. Par ailleurs, cet ouvrage est d’autant plus inédit qu’il révèle en sus une série de titres de roman pensés par Hemingway, tels que L’Amour en temps de guerre ou encore Des cicatrices et des autres causes, ainsi que des copies de manuscrits. L’occasion unique de redécouvrir l’auteur et son œuvre.

Emeline Ravelet

Plume N° 62 Rubrique : Zoom sur...

Les lettres et manuscrits à l’honneur

Du vendredi 12 au dimanche 14 octobre 2012 la société Aristophil et le Musée des lettres et manuscrits organisent, à l’Hôtel Salomon de Rothschild à Paris, les Premières rencontres internationales des lettres et manuscrits.

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Le salon de la culture

Le Salon international du patrimoine culturel se tiendra du 8 au 11 novembre au Carrousel du Louvre.

Ce salon réunit tous les acteurs du patrimoine en France. Le thème de cette année 2012 est le patrimoine éco-responsable. Les exposants du salon présenteront des réalisations en conformité avec cette thématique. Quant aux associations de défense du patrimoine et notamment le G8, elles viendront également éclairer de leur regard les enjeux de ce patrimoine en proposant des conférences et tables rondes sur le sujet. Pendant ce salon, le Musée des lettres et manuscrits organisera une exposition qui aura pour fil rouge les modes de communication non polluants. À cette occasion seront montrés notamment des courriers de ballon monté, une photographie originale de Nadar du ballon Neptune et un manuscrit du XVIIe siècle présentant un projet de machine pour voler. Par ailleurs, Plume sera aussi présent en ayant un stand sur le Salon. N’hésitez donc pas à venir au Carrousel du Louvre entre le 8 et le 11 novembre ! Sébastien Zaaf

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Marguerite Yourcenar et la peinture flamande

À l’occasion du 25e anniversaire de la mort de Marguerite Yourcenar, le musée départemental de Flandre rend hommage à la première femme reçue à l’Académie Française. 

À travers cette exposition, l’amour de l’auteur pour la peinture flamande est ici mis en lumière. Ainsi les tableaux de peintres qu’elle admirait, tels que Bruegel, Bosch, Memling ou encore Grimmer, sont mis en regard de ses œuvres littéraires, démontrant ainsi la forte influence que ceux-ci eurent sur la créativité de Marguerite Yourcenar. De nombreux documents et peintures y sont exposés, dont les manuscrits des échanges épistolaires entre l’écrivain et André Delvaux, cinq tapuscrits des propres commentaires de l’auteur sur L’œuvre au Noir, ainsi que les trois albums de cartes postales que celle-ci a rassemblées tout au long de sa vie. Aussi, en foulant le sol de cette magnifique exposition y découvre-t-on un tout autre visage de l’auteur des Nouvelles orientales, une (re) lecture sous un tout nouvel angle de ses œuvres. L’esprit du lecteur et de l’amateur de peinture s’en trouve stimulé, tous deux en sortent  la curiosité attisée.

Emeline Ravelet

 

Marguerite Yourcenar et la peinture flamande
Du 13 octobre au 27 janvier 2013
Musée départemental de Flandre
59 670 Cassel
http://museedeflandre.cg59.fr

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A la découverte du monde

Au XIVe siècle, l’europe se lance à la conquête du monde. Au nom de la science, c’est-à-dire littéralement de la connaissance, se développent des cartes marines enluminées sur parchemin appelées « portulans ». produits entre le XIVe et le XVIIIe siècles, ces documents figurent parmi les pièces maîtresses de la bibliothèque nationale de france, qui les expose cet automne.

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Les petits cahiers de Raymond Queneau.

« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire » s’exclamait Zazie, s’adressant à son oncle Gabriel dans le roman dont elle est l’héroïne, Zazie dans le métro. On pourrait tout aussi bien adresser cette phrase à son auteur, Raymond Queneau, dont l’œuvre littéraire est riche et complexe. 

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La fille du roi

̀En juin 2011, le ministre de la Culture a déclaré Trésor national le livre d’Heures de Jeanne de france, fille de Charles VII, un exceptionnel manuscrit enluminé du XVe siècle. Réalisé à l’occasion des noces de Jeanne de france avec le comte de Clermont en 1452, ce manuscrit royal, enluminé sur vélin, fait l’objet d’un appel à participation pour son acquisition par la BNF. 

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La marquise pétrie de sciences

Le 29 octobre prochain, un important fonds provenant de la marquise du Châtelet et de ses héritiers sera vendu chez Christie’s Paris. 

Évalué autour d’un million d’euros, ce fonds a pour pièce maîtresse le brouillon manuscrit de l’Exposition abrégée du système du monde, ouvrage scientifique qui parut après la mort de la marquise. C’est son amant qui se chargea de le faire éditer. L’amant en question n’est autre que Francois-Marie Arouet alias Voltaire. 

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Stendhal au cœur de Grenoble

Le Musée Stendhal vient d’être inauguré en septembre 2012 à Grenoble en amont des Journées Européennes du Patrimoine. Stendhal, né à Grenoble en 1783, y a habité pendant son enfance et son adolescence. Dans son œuvre, il a toujours donné une place importante au Dauphiné, qu’il considère comme une des plus belles provinces de France.

Grenoble est encore aujourd’hui une ville stendhalienne : outre une importante collection de livres et manuscrits, la Ville possède deux appartements inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques dans lesquels l’écrivain a habité.

En hommage, la Ville a souhaité faire en 2002 de ces appartements un lieu vivant attaché à l’écriture et à la littérature. Le musée Stendhal sensibilisera donc le public à l’œuvre littéraire de l’écrivain grâce à une triple démarche axée sur l’écriture, sur les arts plastiques et sur le patrimoine en créant un itinéraire historique à travers la ville. La Bibliothèque municipale de la ville conserve aujourd’hui un fonds important de livres et de manuscrits constitué depuis 1861. Il est organisé en trois parties : plus de 1000 ouvrages imprimés qui regroupent toutes les éditions originales et les éditions en langues étrangères des œuvres de Stendhal ainsi que des études et des thèses sur l’écrivain, près de 1151 œuvres iconographiques et enfin 40 000 pages de manuscrits. On y trouve dans ces manuscrits des œuvres notables telles que Lucien Leuwen, Lamiel, Histoire de la peinture en Italie, Vie de Henry Brulard, etc. Cependant, ses plus célèbres manuscrits Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme ne sont pas présents dans les collections car ils n’existent plus : il était coutumier au XIXe siècle de détruire les manuscrits après publication. Pour des raisons de conservation et de diffusion, l’ensemble des manuscrits a été numérisé. Ils sont consultables à la Bibliothèque d’étude sur des bornes multimedia et seront bientôt en ligne sur le site des manuscrits de Stendhal.

Ségolène Lhommée

Musée Stendhal,

20 Grande Rue - 38000 Grenoble.

www.bm-grenoble.fr

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Récit d’un naufrage annoncé

Lorsque le 17 juillet 1816, L’Argus repêche les quinze rescapés (sur 147) du radeau de La Méduse, aucun membre de l’équipage du brick ne peut imaginer la tragédie qui vient de se jouer à bord du frêle esquif, long de 20 m et large de 7, qui dérive depuis treize jours. Comment tous ses hommes ont-ils pu survivre sans eau potable, sans nourriture et dans l’angoisse absolue de ne voir aucun navire se porter à leur secours ? Rapidement, on suspecte les survivants de s’être entretués, d’avoir jetés leurs camarades d’infortune par-dessus bord, voire même de s’être adonnés à des actes de cannibalisme. La légende noire du radeau de La Méduse est née.

Et ce n’est pas l’une des dix copies connues du manuscrit de Jean-Baptiste Savigny, l’un des quinze rescapés du radeau de La Méduse et l’un des deux seuls survivants à avoir laissé un témoignage écrit de ce drame, qui dira le contraire. « Les choses en vinrent au point qu’il fallut recourir aux moyens extrêmes pour soutenir notre malheureuse existence. Je frémis d’horreur en me voyant obligé de retracer celui que nous mîmes en usage. Je sens ma plume s’échapper de ma main, un froid mortel glace tous mes membres et mes cheveux se hérissent sur mon front […] Ceux que la mort avait épargnés […] se précipitèrent sur les cadavres dont le radeau était couvert, les coupèrent par tranches et quelques-uns les dévorèrent à l’instant […] Quelques-uns néanmoins avaient assez de courage pour s’abstenir et il leur fut accordé une plus grande quantité de vin […]. » Actuelle propriété de la famille Duclos de Clermont-Ferrand, ce manuscrit de 14 feuillets d’une grande lisibilité était initialement destiné au Ministère de la Marine. Rédigé à chaud par Savigny, à peine quelques jours après le sauvetage, le texte est recopié dix fois, à l’insu de son auteur, et est publié dans Le Journal des Débats, le 13 septembre 1816 et édité en novembre 1817. L’histoire raconte que le peintre Géricault compta parmi les premiers lecteurs de ce terrible témoignage…

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Europeana Regia s’ouvre aux internautes

Pari tenu. Lancé en janvier 2010 par la Bibliothèque Nationale de France, le projet « Europeana Regia » est désormais une réalité… virtuelle à la portée de tous. Cinq bibliothèques européennes y ont réuni trois grandes collections royales allant du VIIIe au XVIe siècle : au total, 900 ouvrages exceptionnels consultables par le grand public comme par les chercheurs*. 

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Plume N° 61

Tombouctou : menace islamiste sur les manuscrits musulmans.

Après la Tunisie, l’Égypte et la Libye, révolutions et guerres civiles ont atteint la Syrie et le Mali. Chaque fois les combats et les débordements menacent un héritage universel. La mobilisation pour leur sauvegarde va rarement au-delà des déclarations d’intention.

Le danger est réel pour les manuscrits de Tombouctou, grand centre intellectuel de l'islam et ancienne cité prospère des caravanes, surnommée « La Perle du désert ». Tombouctou est un nom qui fait rêver depuis toujours, un foyer de la pensée musulmane dans une ouverture au monde, ce que ne supportent pas les islamistes radicaux qui se sont emparés de la ville aux côtés des touaregs, eux aussi liés à la ville mirage.

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Le Livre sur la Place

Devenu, au fil des années, le premier grand Salon de la rentrée littéraire, le Livre sur la Place fêtera cette année, du 14 au 16 septembre, sa 34e édition, sous la présidence d’Amélie Nothomb. Pour sa 33e édition, cette manifestation culturelle de premier plan avait accueilli plus de 140 000 visiteurs, venus de tout le Grand Est, du Luxembourg, de Belgique, de Suisse mais également de Paris, notamment grâce à la mise en service de la ligne T.G.V. qui permet de relier Nancy à la capitale en 1h30.

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Une aventure inédite d’Arsène Lupin

Né en 1905 sous la plume de Maurice Leblanc, Arsène Lupin est devenu une des plus grandes figures de la culture populaire. Les exploits du « Gentleman cambrioleur » ont été traduits dans le monde entier et adaptés au théâtre, à la télévision, en bande dessinée et au cinéma. Soixante-dix ans après la disparition de Maurice Leblanc, Arsène Lupin revient aujourd’hui dans une aventure inédite, Le dernier amour d’Arsène Lupin.

Le manuscrit a été retrouvé dans les archives familiales par la petite-fille de l’auteur, Florence Boespflug-Leblanc. Afin de continuer à « faire revivre l’âme de [son] grand-père », elle a souhaité le rendre accessible au public en le publiant.

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Un nouveau calendrier maya

Trouvé sur les murs d’un édifice résidentiel, vieux de 1200 ans, au cœur de la forêt tropicale du Guatemala, ce plus ancien calendrier lunaire maya jamais découvert est une preuve de l’avancée astronomique de cette civilisation. Sur le site de

Xultun, un étudiant a remarqué des glyphes sur un pan de mur. Après plusieurs excavations, trois pièces intactes sont mises au jour. Les glyphes semblent rapporter des données lunaires. Il s’agirait d’un calendrier cyclique, impliquant principalement les planètes Mars et Vénus. L’ensemble de ces notifications astronomiques s’apparente au Codex Dresdensis, un ancien manuscrit maya. Datées du IXe siècle, ces inscriptions semblent montrer que la fin du calendrier maya n’est pas prévue pour la fin de l’année 2012.

On trouve dans ces pièces du bâtiment un éphéméride cérémonial de 260 jours, un calendrier solaire de 365 jours et le cycle annuel de 584 jours de la planète Vénus et de 780 jours de Mars. Utilisé pour les cérémonies officielles, ce calendrier montre toute l’importance de l’astronomie dans l’organisation de la société maya.

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Jaurès, public ou privé ?

Si le socialisme est aujourd’hui sur le devant de la scène politique, il l’est également sur le marché des manuscrits. En effet, mercredi 16 mai, un manuscrit rare de Jean Jaurès a été mis aux enchères et acquis par un collectionneur privé pour la somme de 178 000 euros.

Ce texte de 121 pages est le manuscrit d’un discours prononcé par l’homme politique en 1908 à Toulouse. Il s’agit d’un texte fondateur de l’histoire du socialisme puisqu’il le positionna comme autorité du groupe politique. Cette acquisition spectaculaire a fait naître cependant de nombreux débats concernant la position de l’État. En effet, selon certains avis, le journal L’Humanité entre autres, la place de cette pièce n’est pas dans les collections privées mais plutôt dans celles de l’État. Sous réserve de leur droit de préemption, les Archives de France se sont ainsi substituées au dernier acquéreur en rachetant au prix initialement fixé le document. Celui-ci aura décidément été l’objet d’un grand nombre de spéculations puisqu’il avait déjà été mis aux enchères lors d’une vente précédente, mais fut retiré en raison d’une adjudication trop faible.

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Lettres inédites d’Albert Camus

S’engager ? Voilà un titre emblématique qui illustre parfaitement les relations qui unirent Albert Camus et Michel Vinaver. Leur correspondance, qui réunit des lettres jusqu’alors inédites échangées entre 1946 et 1957, paraît pour la première fois à L’Arche.  

C’est Michel Vinaver qui vint à la rencontre d’Albert Camus à l’issue d’une conférence à New York le 15 avril 1946. Alors âgé de dix-neuf ans, ce jeune étudiant d’origine juive, dont la famille s’est réfugiée aux États-Unis depuis 1941, est parvenu à séduire l’auteur de L’Étranger en lui révélant l’intitulé de son sujet de mémoire : l’humour dans La colonie pénitentiaire de Kafka et L’Étranger.

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L'étincelle surréaliste

Le Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles ouvre, le 17 juillet prochain, sa nouvelle exposition temporaire : L’étincelle surréaliste. Si ce mouvement, essentiel dans l’histoire du XXe siècle, faisait déjà brièvement partie du parcours de Bruxelles Capitale des Arts, tant son importance a été fondamentale dans l’histoire des arts en Belgique, cette nouvelle exposition est cette fois exclusivement dédiée au mouvement et s’intéresse davantage à ses origines, à sa facette internationale, et surtout au rôle de l’image, véritable fil conducteur de ce nouveau parcours au fil des lettres.

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La Presse à la Une à la BnF

Tout ce que vous avez voulu savoir sur la presse… tel est le sens de cette exposition proposée par la BnF jusqu’à la mi-juillet. C’est en effet un vaste panorama de la presse française qui nous est offert ici à travers plus de 500 pièces exposées : exemplaires de journaux, brouillons d’articles, manuscrits d’écrivains-journalistes, photographies, dessins, peintures… provenant pour la plupart des riches collections de la BnF qui, comme un véritable musée de la presse, conserve les journaux depuis les origines. C’est par un fascinant voyage à travers l’histoire de la presse écrite que débute l’exposition. Dès le XVe siècle avec la multiplication d’ « occasionnels », pièces d’actualité de large diffusion sous forme de plaquettes ou de placards. Les grands événements comme les faits divers y sont annoncés, souvent avec un certain penchant pour le sensationnel… déjà ! Au cours du XIXe siècle, la presse se développe et devient un moyen d’information de masse. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse permet aux journaux d’acquérir un statut prépondérant. Jusqu’en 1914, les journaux verront leur lectorat se développer et se diversifier. À la Libération, une fois rétablie la liberté de la presse, on assiste à une explosion de titres. Le deuxième volet de l’exposition porte sur la fabrique de l’information, du fait brut à l’imprimerie.              

La Presse à la Une.
De la Gazette à Internet,
jusqu’au 15 juillet à la Bibliothèque nationale de France / site François Mitterrand, Grande Galerie,
Quai François Mauriac, Paris 13e.
www.bnf.fr

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